Les taxis professionnels genevois attaquent Uber en justice

A Genève, les milieux professionnels du taxi attaquent en justice la société de voiturage avec chauffeur Uber. Estimant que cette entreprise californienne pratique de la concurrence déloyale, ils ont demandé à la Cour de justice de faire cesser ses activités.

Une requête de mesures provisionnelles urgentes en cessation de la concurrence déloyale a été déposée mardi, a indiqué vendredi devant la presse Jacques Roulet, l'avocat qui représente les taxis professionnels. Il est demandé aux juges de faire interdire Uber sous la menace de sanctions pénales et d'astreinte financière dissuasive.

Uber qui n'a pas encore pris connaissance de cette action en justice ne fait pour l'instant pas de commentaire. Uber a lancé son service à Genève en septembre dernier. La société qui est déjà présente dans plus de 200 villes dans le monde offre un service de voiturage avec chauffeur via une application pour smartphone.

Aucune règle respectée

Le Département de la sécurité et de l'économie (DSE) a dès le départ affirmé que ce service n'était pas conforme à la législation en vigueur. Uber ne partage pas cette appréciation.

"Nous avons en face de nous un géant financier qui ne respecte aucune règle", a relevé Me Roulet. Il s'agit de concurrence déloyale, notamment car Uber trompe ses clients en omettant de dire que ses voitures ne peuvent pas utiliser les voies de bus. Le client risque donc de rester coincé dans la circulation, explique l'avocat.

Des amendes

Les milieux professionnels du taxi dénoncent aussi le dumping sur les prix pratiqués par Uber. Le prix est artificiellement baissé car Uber subventionne une partie du prix de la course, le temps d'asphyxier le marché, a indiqué Guillaume Etier, l'autre avocat mandaté par les milieux professionnels.

En plus de l'action en justice, les professionnels genevois ont demandé aux autorités d'agir plus fermement. Dans une lettre datée de jeudi et adressée aux taxis professionnels, le conseiller d'Etat à la tête du DSE Pierre Maudet a réaffirmé le "caractère illicite de l'activité d'Uber".

/ATS


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