LuxLeaks: l'auteur présumé des fuites inculpé de vol et blanchiment

L'auteur présumé de la fuite de milliers de pages d'accords fiscaux entre le Luxembourg et des multinationales ayant donné lieu au scandale LuxLeaks a été inculpé de vol, violation du secret professionnel et blanchiment, a annoncé le Parquet du Luxembourg. L'identité du prévenu n'a pas été révélée.

Selon le quotidien "Luxemburger Wort", il s'agit d'un Français, ancien employé du cabinet d'audit PWC Luxembourg. L'intéressé, qui vit en France, a été convoqué dans le cadre d'une commission rogatoire de la justice luxembourgeoise, entendu par le juge pendant quelques heures et inculpé, avant d'être libéré, précise le journal.

Cette inculpation fait suite à la plainte contre X que PWC avait déposé en juin 2012, après avoir découvert le vol de documents lors d'un reportage télévisé de la chaîne France 2, un mois plus tôt.

Ce reportage consacré à l'évasion fiscale au Grand-Duché révélait l'existence de plusieurs centaines d'accords fiscaux entre l'administration des contributions directes du Luxembourg et des filiales de multinationales. Les accords permettent à ces firmes de ne presque pas payer d'impôts.

Suite à la plainte de PWC, une information judiciaire avait été ouverte par le Parquet de Luxembourg. L'enquête a été relancée en novembre après les révélations de LuxLeaks par le consortium de journalistes d'investigation ICIJ.

Selon les dirigeants de PWC Luxembourg, le vol avait été commis en septembre 2010 par cet ancien employé de la firme, qui avait copié des données confidentielles, sans avoir été repéré, pendant près de deux ans, jusqu'à ce que les journalistes de France 2 révèlent la fuite des documents provenant de chez PWC.

Rescrits fiscaux

Le scandale LuxLeaks a éclaté début novembre. S'appuyant sur quelque 28'000 pages de documents obtenus par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), une quarantaine de journaux - dont "Le Matin Dimanche", "Tages-Anzeiger", "Der Bund" et "SonntagsZeitung" - avaient révélé qu'entre 2002 et 2010, le Luxembourg avait passé des accords fiscaux avec 340 multinationales, afin de minimiser leurs impôts.

Parmi elles, Apple, Amazon, Ikea, Pepsi, Heinz, Verizon et AIG. Une deuxième salve a été tirée mardi soir, à la veille de la prestation de serment de M. Juncker et des autres membres de la Commission. Les mêmes médias ont publié de nouvelles informations visant notamment les groupes américains Skype, Walt Disney et Koch Industries.

Le scandale LuxLeaks a éclaboussé le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Il était Premier ministre du Luxembourg lorsque ces accords ont été passés par l'administration fiscale du Grand-Duché.

/ATS


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