Marée noire: Halliburton plaide coupable de destruction de preuve

Le groupe américain de services pétroliers Halliburton a accepté de plaider coupable de destruction de preuve dans l'enquête sur son rôle dans la marée noire de 2010 dans le Golfe du Mexique. Il s'est engagé à payer une amende de 200'000 dollars.

Le groupe va également verser 55 millions de dollars à la Fondation nationale pour la pêche et la vie sauvage et devra collaborer avec les autorités américaines dans la poursuite de leur enquête, a indiqué jeudi le Département de la Justice (DoJ). "Le Département de la Justice a accepté de ne pas poursuivre au pénal l'entreprise ou ses filiales pour toute autre action liée à l'accident du puits Macondo", a souligné Halliburton dans un communiqué séparé.

Selon le DoJ, Halliburton a conduit sa propre enquête interne après l'explosion du puits Macondo, à l'origine du pire désastre environnemental de l'histoire des Etats-Unis. L'entreprise avait conçu le coffrage du puits.

Simulations par ordinateur

Par deux fois, en mai et juin 2010, des simulations par ordinateur relatives à l'accident ont été réalisées par des spécialistes du groupe avant d'être détruites, a précisé jeudi le DoJ dans un communiqué. Les enquêteurs ne sont pas parvenus par la suite à récupérer ces documents informatiques.

Halliburton Energy Services avait construit pour la compagnie British Petroleum le coffrage en béton du forage de la plateforme Deepwater Horizon, située à 80 km au large de La Nouvelle-Orléans, ayant explosé le 20 avril 2010.

Une des questions au centre du litige était le nombre de colliers en acier (centralisateurs) placés à différents endroits sur le coffrage du puits Macondo, qui a finalement explosé. Selon le DoJ, Halliburton en avait recommandé 21, mais BP avait opté pour seulement six.

Simulations supprimées

Les tests post-accident de Halliburton n'ont cependant montré que peu de différences entre 21 et six colliers. Ce sont les résultats de ces simulations que la société avait détruit. A l'occasion d'autres tests concernant la solidité du béton utilisé, les éléments de preuve similaires ont également été détruits.

Un directeur technique de Halliburton avait demandé à un autre employé plus expérimenté de répéter ces simulations. Quand il est arrivé à la même conclusion, on lui a demandé de "se débarrasser" de ces résultats, indique le communiqué du DoJ.

L'accident de la plateforme de BP Deepwater Horizon avait fait onze morts et répandu des centaines de millions de litres de brut dans le golfe du Mexique jusqu'au colmatage du puits quatre mois plus tard seulement. Plus de 1700 km de zones marécageuses et de plages ont été polluées, selon le Conseil américain de défense des ressources naturelles.

/SERVICE


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