Rappels de véhicules: GM annonce une révision de ses pratiques

La nouvelle patronne de General Motors Mary Barra a promis un changement de pratiques du groupe, pour les centrer sur le client et non plus les économies. Elle dit ainsi vouloir éviter une nouvelle "tragédie" comme les 13 accidents mortels à l'origine de rappels massifs de véhicules défectueux.

"GM est en train de passer d'une culture de coûts à une culture de clients", a répété Mme Barra, 52 ans, arrivée à la tête du groupe mi-janvier, lors de son audition très attendue devant le Congrès. Cette transformation signifie que le groupe va se focaliser sur la sécurité et la qualité, a-t-elle expliqué.

Dans la salle, les familles des victimes, qui ont installé le long d'un mur des photos de leurs proches perdus, ont assisté sans un mot à ce face-à-face où la forme était aussi importante que le fond. En réponse aux questions sur d'éventuelles compensations, Mme Barra a annoncé le recrutement de Kenneth Feinberg, chargé d'aider le groupe à évaluer la réponse à apporter aux familles des victimes.

"Nous avons 30 à 60 jours pour évaluer la situation. Nous n'avons pas encore pris de décision" sur d'éventuelles compensations, ajoute-t-elle. Elle a promis la transparence et assuré avoir commencé à procéder à des changements "de procédures, de pratiques et de personnes". Pour l'instant, aucune tête n'est tombée.

13 victimes

Entre mi-février et fin mars, GM a rappelé 2,6 millions de Chevrolet Cobalt, Pontiac 5, Saturn Ion et Sky et Solstice produits entre 2003 et 2011, pour un défaut du commutateur d'allumage ayant empêché les airbags de se déployer. Ce défaut a été lié à une trentaine d'accidents qui ont provoqué la mort de 13 personnes, selon un décompte du constructeur.

Une affaire qui lui vaut d'être au centre d'une triple enquête (du département de la Justice, de la NHTSA et du Congrès). Selon deux documents, l'un produit par GM et l'autre par le Congrès, le groupe, qui a rappelé 4 millions d'autres voitures pour d'autres problèmes techniques depuis janvier, était au courant du défaut dès 2001 lors de la pré-production d'un des modèles, la Saturn Ion.

Egalement mise sur la sellette pour ne pas d'être inquiétée plus tôt du problème, la NHTSA s'est déchargée sur GM. "Nous tiendrons General Motors responsable s'il s'avère qu'il détenait des informations cruciales qu'il n'a pas communiquées plus tôt", a déclaré le directeur par intérim de l'agence, David Friedman. GM doit répondre jeudi à 107 questions de la NHTSA dans ce dossier.

/ATS


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