Rappels: un vice-président de GM était au courant du défaut

Un vice-président du constructeur automobile General Motors (GM) était au courant d'un défaut associé à 54 accidents et au moins 13 décès dix ans avant le rappel des 2,6 millions de véhicules affectés. Des documents internes publiés par le Congrès américain l'attestent.

Le problème en question: un défaut au commutateur d'allumage qui empêchait les airbags de se déployer. Dans un courriel du 20 juin 2005, Ray DeGiorgio, chargé du développement des produits et chef des ingénieurs de la Chevrolet Cobalt - l'un des véhicules rappelés en février et équipés de cette pièce défectueuse - laisse entendre qu'il a évoqué le sujet avec Doug Parks.

"Voici une actualisation de notre revue avec Doug à Milford vendredi matin", écrit-il notamment à un autre employé de GM dans cet email intitulé "Dernières informations et changements effectués sur le cylindre du démarreur / coupure non-intentionnelle du moteur".

Outre son titre de vice-président chargé du développement des produits, Doug Parks était responsable des ingénieurs de la Cobalt et de la Saturn Ion. L'enquête interne commandée par GM a exonéré début juin les directions successives. Elle a conclu que le management n'avait été mis au courant du problème mécanique qu'en décembre dernier.

Les sociétés américaines octroient souvent le titre de vice-président à des dizaines d'employés, qui ne font pas partie de la poignée de hauts dirigeants du groupe. Chez GM par exemple, des porte-parole ont ce titre sans pour autant faire partie du noyau de décision du groupe.

GM a licencié 15 employés dans cette affaire, en majorité des ingénieurs et des juristes, et engagé des procédures disciplinaires contre cinq autres. Des enquêtes du département de la Justice, du gendarme des marchés financiers, la SEC, et du Congrès sont encore en cours.

Fonds d'indemnisation

L'avocat de renom Ken Feinberg, recruté par GM, devrait annoncer lundi la mise en place d'un fonds d'indemnisation des victimes, a indiqué à l'AFP un porte-parole. L'affaire devrait ensuite se déplacer devant des tribunaux où des douzaines de plainte ont déjà été déposées contre le groupe automobile.

Une rencontre est prévue le 11 août entre les avocats des parties et un juge de Manhattan, Jesse Furman, qui avait supervisé la faillite du groupe automobile en juin 2009, selon la presse américaine. C'est ce magistrat qui a été désigné pour examiner ces plaintes.

GM a rappelé en février, dix ans après la détection d'un défaut dans le commutateur d'allumage empêchant les airbags de se déployer, 2,6 millions de Chevrolet Cobalt, Saturn Ion et Sky, Pontiac 5 et Solstice produites entre 2003 et 2011.

/ATS


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