Rapprochement: les Etats-Unis prêts à accueillir Raul Castro

Les Etats-Unis ont affirmé jeudi être prêts à accueillir le président cubain Raul Castro. La veille, Barack Obama avait évoqué son possible voyage dans l'île communiste pour consacrer le rapprochement historique entre les deux pays.

La volonté de normaliser leurs relations diplomatiques sera suivie dès janvier de premiers entretiens officiels. Mais cette amorce de réconciliation va buter sur un Congrès américain globalement hostile à la levée de l'embargo économique que Washington impose depuis 1962 à La Havane. Les deux présidents ont reconnu que cette épineuse question n'était pas réglée.

M. Obama a réclamé un débat avec le Congrès sur la levée du "plus vieil embargo du monde", une mesure punitive "inscrite dans la loi" américaine. Les républicains, qui contrôleront dès janvier les deux chambres, ont déjà prévenu: "Ce Congrès ne va pas lever l'embargo", selon Marco Rubio, sénateur de Floride.

L'ambitieux élu d'origine cubaine a fustigé "la légitimité diplomatique et les dollars américains accordés au régime castriste par l'annonce du président Obama". Même son du côté démocrate, le représentant Eliot Engel a prévenu que "le Congrès devait voir davantage d'ouverture politique à Cuba avant de lever l'embargo".

Entretiens en janvier

Mais les premières mesures de rapprochement ne nécessitent pas pour l'instant l'aval du Congrès: petits assouplissements économiques et discussions en vue du rétablissement des relations diplomatiques rompues en 1961, notamment avec l'ouverture d'ambassades remplaçant les actuelles sections d'intérêts.

La secrétaire d'Etat adjointe pour l'Amérique latine Roberta Jacobson a précisé que de premiers entretiens officiels entre les deux gouvernements se tiendraient en janvier à Cuba. Les deux pays profiteront de leurs négociations régulières et programmées de longue date sur les flux migratoires. Mme Jacobson conduira la délégation américaine.

Joie et scepticisme

A La Havane, des habitants oscillaient entre joie spontanée et scepticisme prudent. "Je suis encore sous le choc, en train de digérer la nouvelle, mais je manque vraiment d'éléments pour assembler le puzzle d'une nouvelle relation", a confié Rolando Rodriguez, un laveur de voitures de 44 ans.

Des représentants de la dissidence ont regretté que Washington n'ait pas attendu "un geste de La Havane sur les droits de l'homme".

/ATS


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