Roche croit au potentiel de sa future acquisition InterMune

Severin Schwan, le directeur général de Roche, place de grands espoirs dans InterMune, la société de biotechnologies américaine sur laquelle le géant pharmaceutique bâlois a annoncé dimanche une offre publique d'acquisition. Selon l'Autrichien, le seul produit que commercialise actuellement l'entreprise californienne pourrait dégager des ventes dépassant le milliard de francs.

La molécule Pirfenidon développée par la société sise à Brisbane - à quelques encâblures de la filiale de Roche Genentech - et commercialisée sous la marque Esbriet, "deviendra un très grand produit", indique M. Schwan dans une interview publiée lundi dans la "Basler Zeitung". La veille, Roche a annoncé vouloir s'emparer du laboratoire pour un montant total de 8,3 milliards de dollars (7,57 milliards de francs), en numéraire.

Avec ses 450 collaborateurs, InterMune s'est focalisé dès sa fondation en 1998 sur les thérapies en pneumologie et dans les maladies fibrotiques rares. Depuis l'approbation par les autorités sanitaires canadiennes et de l'Union européenne, respectivement en 2011 et 2013, l'Esbriet est commercialisé dans les deux régions.

Seul traitement actuellement approuvé à la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), une maladie chronique à l'issue fatale, l'Esbriet a généré l'an passé un chiffre d'affaires de 70,3 millions de dollars, note le patron de Roche. Et cette année, ce montant pourrait atteindre de 130 à 140 millions de dollars.

Avancée majeure

M. Schwan se veut d'autant plus optimiste que le traitement bénéficie du statut d'avancée majeure de la part de l'autorité sanitaire américaine, la Food and drug administration (FDA). Celle-ci devrait donner le feu vert à la commercialisation du médicament d'ici la fin de l'année.

Maladie chronique évolutive des poumons, la FPI est d'origine inconnue, d'où le qualificatif idiopathique. Elle diffère des autres formes de maladie pulmonaire fibrotique dans lesquelles un facteur déclenchant spécifique, tel que l’inhalation de substances nocives comme l’amiante, est connu.

Selon le site internet d'InterMune, la FPI est une maladie relativement rare. Le nombre de nouveaux cas et de patients atteints de FPI est difficile à déterminer. Cependant, dans l’Union Européenne, environ 30'000 à 35'000 nouveaux patients sont diagnostiqués chaque année.

La FPI est plus fréquente chez l’homme que chez la femme. L’âge moyen des patients chez lesquels un diagnostic de la maladie est posé est de 65 ans. Elle est d'abord ressentie par un essoufflement croissant, dans un premier temps lors d’activités physiques, puis également au repos et peut s’accompagner d’une toux persistante.

/ATS


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