Salaire minimum: le président de l'Union patronale suisse critique

Un salaire minium de 4000 francs conduira à la suppression de places de travail, selon le président de l'Union patronale suisse Valentin Vogt. Cette sombre perspective est relativisée par le professeur d'économie Josef Zweimüller.

"La rationalisation se poursuivra si nous augmentons les salaires. Des machines remplaceront des emplois", a déclaré M. Vogt lors d'une interview accordée à la "SonntagsZeitung".

Dans plusieurs secteurs où le salaire est inférieur à 4000 francs par mois, accorder un salaire minimum serait impossible. Une part considérable des producteurs de légumes devraient cesser leurs activités en cas d'acceptation de l'initiative.

Le propriétaire d'un salon de coiffure et un patron ne gagnent pas des millions, a déclaré M. Vogt. Ils payent ces salaires car leurs marges sont étroites. Une adaptation des salaires, et donc une augmentation des prix, conduirait le consommateur à boire un café au lieu de deux. De même, il irait chez le coiffeur cinq fois par année, au lieu de sept.

Capacités d'adaptation

Selon le professeur zurichois d'économie Josef Zweimüller, les répercussions d'un salaire minimum sur le marché du travail seraient moins dramatiques. L'introduction d'un salaire plancher produira sans doute un certain choc sur le marché du travail, a déclaré M. Zweimüller à la "NZZ am Sonntag". L'expert se monte toutefois confiant dans les capacités d'adaptation de l'économie suisse.

En comparaison avec le choc produit en 2008 par le franc fort, la charge pour les entreprises de taille moyenne serait plus faible.

L'économiste base ces propos sur deux études qui ont été menées à l'étranger. D'après elles, l'introduction d'un salaire minimum n'a pas des effets négatifs aussi nets sur le nombre de places de travail proposées. Il n'est par contre pas facile de savoir si ces résultats pourraient être transposés à la Suisse.

M. Zweimüller ne cache pas que certains secteurs d'activité comme certaines régions connaîtront des problèmes. "Les entreprises qui sont à peine rentables pourraient être exclues du marché. C'est un risque."

/ATS


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