Thomas Jordan ne veut pas d'un nouveau rôle pour la BNS

Le président du directoire de la Banque Nationale Suisse (BNS) ne veut pas d'un nouveau rôle pour son institution. Selon Thomas Jordan, c'est en résistant aux attentes trop élevées à son égard que la BNS peut accomplir son mandat et contribuer à la prospérité de l'économie helvétique.

Après les turbulences de la crise financière mondiale, les banques centrales ont fait leurs preuves dans leur fonction de "pompiers", a estimé le président de la BNS à l'occasion d'une allocution jeudi en fin de journée à Zurich. Mais ce succès risque de générer des attentes excessives, voire dangereuses, a-t-il averti.

Si les banques centrales ont évité l'effondrement de l'économie mondiale et soutenu le système bancaire, elles ne sont pas à même de garantir la croissance économique ou le niveau d'emploi élevé. Non seulement ces faux espoirs pourraient inciter certains acteurs à se décharger de leurs responsabilités, mais ils risqueraient aussi de prolonger la crise, soutient Thomas Jordan.

Et de proclamer activement, et sans ambiguïté, quel est le rôle assigné à la banque centrale helvétique et où se situent ses limites. Ainsi, en matière de politique monétaire, le mandat de la BNS d'assurer la stabilité des prix ne devrait, de l'avis de son président, en rien changer.

Distribution pas garantie

La loi laisse une grande souplesse dans la mise en oeuvre. Si elle avait imposé des restrictions sur le bilan, il n'aurait pas été possible d'introduire, et de défendre, le taux plancher de 1,20 franc pour un euro. En effet, la somme du bilan de la BNS atteint aujourd'hui près de 500 milliards de francs, contre 100 milliards en 2006, avant la crise, a rappelé le Biennois.

En lien avec l'augmentation des risques dans le bilan et la lutte contre la crise, la Confédération et les cantons ne toucheront pas au titre de l'exercice 2013 leur part du bénéfice de l'institut d'émission, une première depuis plus de vingt ans. "Mais à l'avenir non plus, les distributions ne sont pas garanties", a souligné l'orateur.

/ATS


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