Toujours aucun accord sur la réouverture de l'ERT en Grèce

Le gouvernement grec est menacé de scission. Aucun accord n'a pu être trouvé jeudi entre les trois partis de la coalition sur les suites à donner à la crise de l'audiovisuel public. Les trois chaînes publiques restaient fermées, de même que la radio publique.

"Il n'y a eu aucun accord", a annoncé le dirigeant du parti de la gauche modérée Dimar, Fotis Kouvelis, au terme de la réunion portant sur les modalités de réouverture de la société d'audiovisuel public ERT, brutalement fermée par mesure d'économies il y a neuf jours.

"Pour nous c'est un problème de légalité démocratique", a expliqué M. Kouvelis. "Nous sommes en désaccord avec des actions qui vont contre la légalité". La direction de la Gauche démocratique se réunira vendredi matin pour examiner ce dossier, a-t-on appris de source autorisée.

"Gestes" de rapprochement

Le dirigeant du parti socialiste Evangélos Vénizélos a lui aussi mis en cause la cohésion du gouvernement en estimant que la "question de la stabilité politique" du pays était "ouverte", tout en faisant valoir que les Grecs "ne veulent pas d'élections".

Il a également mis en valeur "les pas" et les "gestes" de rapprochement faits par le Premier ministre pour corriger son acte unilatéral (la fermeture d'ERT) qui a été sévèrement jugé par ses deux partenaires qui ont menacé de quitter la coalition.

Selon M. Venizelos, le Premier ministre aurait accepté de rouvrir l'ERT avec environ 2000 salariés, contre 2600 précédemment, mais la Gauche démocratique n'est pas satisfaite de cette proposition.

La réunion entre les trois hommes était la troisième consécutive depuis l'extinction unilatérale des antennes mardi dernier qui a déclenché la stupeur en Grèce et à l'étranger. Cela, même si l'ensemble des partenaires reconnaissent que l'organisme de radiotélévision publique ERT devait être réformé.

Réaction à Bruxelles

En fin de soirée, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, en a appelé au "sens des responsabilités" des dirigeants "pour le bien de la Grèce et de l'Europe".

Lundi passé, le Conseil d'Etat grec, plus haute juridiction administrative du pays, a annulé "temporairement" la décision du gouvernement de fermer la radio-télévision publique ERT, et ordonné sa réouverture, toujours attendue, jusqu'à la constitution d'un nouvel organisme audiovisuel public.

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