Une étude dissocie chômage et embauche de travailleurs étrangers

L'embauche de travailleurs venant de l'étranger (frontaliers et permis B) n'a pas une incidence déterminante sur le chômage en Suisse. Selon une étude commandée par la Fédération des entreprises romandes, le marché du travail est bien plus influencé par la conjoncture.Pour la Fédération des entreprises romandes Genève, cette étude tombe à point nommé, à l'heure où en Suisse le débat sur l'immigration s'envenime avec, en toile de fond, deux initiatives visant à limiter l'arrivée d'étrangers sur le sol helvétique.L'étude a été menée par le professeur d'économie Yves Flückiger et son collègue de l'observatoire universitaire de l'emploi de l'Université de Genève Pierre Kampeneers. Elle relève qu'à partir de 2004, l'emploi d'origine suisse s'érode au profit d'emplois occupés par des personnes au bénéfice d'un permis B ou des travailleurs frontaliers. Selon M. Kampeneers, cette évolution est très certainement due, avec un peu de retard, à l'entrée en vigueur en 2002 des accords de libre-circulation.Contrairement aux attentes, le chômage d'origine suisse a baissé entre 2004 et 2007. Entre 2007 et 2009, la courbe du chômage est repartie à la hausse. Mais le même phénomène a été constaté pour le chômage concernant les permis B et celui touchant les frontaliers.Les chercheurs genevois en concluent que les mouvements du chômage semblent répondre essentiellement à une logique conjoncturelle.Rareté de la main d'oeuvreL'enquête relève toutefois que les secteurs qui concentrent le plus grand nombre de travailleurs venant de l'étranger sont aussi ceux qui comptent le plus de chômeurs d'origine suisse (hôtellerie, construction, commerce de détail). Mais, ajoute l'étude, un "effet de taille important" est observé dans ces branches d'activité.En d'autres termes, on est loin du rapport un chômeur pour un travailleur frontalier ou possédant un permis B. Le rapport s'établit plutôt à 10 permis étrangers pour un chômeur suisse. Le problème mis en avant dans ce cas est celui de la rareté de la main d'oeuvre locale suisse disponible.Parfois, il y a aussi inadéquation entre les qualifications des chômeurs et les compétences exigées par le marché du travail. /SERVICE


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