Une liste de politiciens fraudeurs du fisc donnée à la justice

Pierre Condamin-Gerbier, un ancien cadre de la banque genevoise Reyl et Cie témoin, a déclaré mercredi avoir transmis mardi à la justice française une liste de personnalités politiques ayant détenu un compte en Suisse. Il l'a affirmé devant la commission d'enquête sur l'affaire Cahuzac.

"La liste et les éléments d'information dont j'ai fait état dans les médias depuis quelques semaines ont été transmis hier, dans leur grande majorité, à la justice française", a-t-il dit pour justifier son refus de répondre à des questions plus précises.

L'ancien cadre de Reyl affirmé en juin devant des sénateurs disposer d'une liste "d'une quinzaine" de noms d'ex-ministres ou d'actuels ministres détenteurs d'un compte en Suisse, estimant que Jérôme Cahuzac n'était qu'un "fusible".

"De très grands noms"

"Je peux simplement dire aujourd'hui qu'il y a dans cette liste de très grands noms de la politique française, des gens que l'on est habitué à voir sur les écrans de télévision", avait-il ajouté au même moment dans un entretien au "Journal du dimanche".

Pierre Condamin-Gerbier, qui dit craindre pour sa sécurité et celle de sa famille, s'est également confié fin mai au site d'informations Mediapart.

Le parquet de Paris a ouvert le 31 mai une information judiciaire notamment pour blanchiment de fraude fiscale visant la banque Reyl & Cie. UBS et sa filiale française ont été parallèlement mise en examen en France début juin pour "démarchage bancaire illicite".

Lenteur des services français

Devant la commission d'enquête, Pierre Condamin-Gerbier a expliqué qu'il n'avait pas cru immédiatement, début décembre, à une affaire Cahuzac. Mais qu'il avait changé d'avis en lisant le 13 décembre 2012 dans la presse suisse que l'interlocuteur présumé de l'ancien ministre sur un enregistrement diffusé par Mediapart était Hervé Dreyfus, le demi-frère de Dominique Reyl.

"Au moment où je lis cet article, je comprends qu'il y a une affaire Cahuzac", a-t-il dit en s'étonnant que les services français n'aient pas de leur côté immédiatement réagi.

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