Une majorité de banques suisses juge néfaste le programme américain

Une majorité de banques en Suisse juge néfaste la voie choisie pour régler le différend le fiscal avec les Etats-Unis. Sur les 120 établissements interrogés pour le "Baromètre des banques EY 2014", ils sont 73% à juger le programme américain clairement préjudiciable à la place financière helvétique.

Selon cette enquête menée par le cabinet d'audit et conseil Ernst & Young (EY) Suisse et publiée jeudi, les banques considèrent que la conséquence la plus grave du programme de régularisation américain ne réside pas dans d'éventuelles pertes, mais plutôt dans les coûts liés au traitement et à la fourniture des données requises.

Les banques interrogées - qui ne comprennent pas les deux grandes UBS et Credit Suisse - sont aussi 79% à exprimer leur crainte face à la mise en oeuvre de la directive européenne relative aux instruments du marché financier MiFID II, en phase d'adoption. Pour rappel, cette directive exige des banques d'un pays tiers qu'elles disposent d'une succursale dans l'Union européenne (UE).

A ce propos, 73% des établissements jugent utile l'introduction d'une loi sur les services financiers en vue de mettre en place une réglementation analogue. "Reste à voir si l'UE considérera la réglementation prévue comme équivalente, cette reconnaissance étant la condition d'un accès au marché", selon Bruno Patusi, expert pour la gestion de fortune et d'actifs chez EY Suisse.

Optimisme pour les mois à venir

Reste, selon le baromètre EY 2014, que 75% des banques interrogées tablent sur une évolution positive ou plutôt positive de leur résultat d'exploitation au cours des prochains mois. Toutefois, le nombre d'établissements qui prévoient des suppressions d'emplois au cours des douze prochains mois a pratiquement doublé sur un an, pour atteindre 20%.

Quant à la transparence fiscale, le passage à l'échange automatique d'informations paraît de plus en plus inéluctable. Pas moins de 74% des établissements questionnés se déclarent convaincus qu'il est appelé à s'imposer comme norme mondiale, et 49% considèrent que ce sera déjà le cas à moyen terme.

Ce qui ne signifie pas qu'ils sont majoritairement satisfaits des évolutions actuelles concernant le secret bancaire et la transparence fiscale. Parmi les banques interrogées, pas moins de 57% jugent qu'elles auront des conséquences négatives ou plutôt négatives sur la place financière suisse.

Le "Baromètre des banques EY 2014" repose sur un sondage effectué sur mandat par l'institut Valid Research auprès de 120 dirigeants d'établissements. L'échantillon comporte 33% de banques privées, 22% de banques étrangères en Suisse, 34% de banques régionales et 11% de banques cantonales. Un petit cinquième (18%) des établissements provient de Suisse romande.

/ATS


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