Vaud limite la vente d'alcool à l'emporter

Le Grand Conseil vaudois veut interdire la vente d'alcool à l'emporter en soirée dès 21h00, voire dès 20h00 si les communes le souhaitent. La mesure concerne les alcools forts et la bière. Les députés ont renoncé de justesse à inclure le vin.

Comme le proposait le Conseil d'Etat, le vin échappe à l'interdiction. Cette décision a été prise mardi en premier débat par 67 voix contre 66, avec la voix du président du Grand Conseil. Cette mesure doit encore être confirmée en deuxième débat.

Sur le fond, la révision de la loi sur les auberges et débits de boissons (LADB) vise à empêcher les "bitures express", à savoir les alcoolisations massives prisées par certains jeunes. Globalement d'accord sur le fond, les députés ont longuement débattu sur les remèdes à apporter à ce problème. Les communes pourront décider de dérogations lors de fêtes ou d'événements particuliers.

Efficacité à Genève

Le projet vaudois limite les possibilités d'achats spontanés en vue d'une soirée arrosée. A Genève, l'interdiction de vente à l'emporter, en vigueur depuis 2005, a fait baisser de 35% les cas d'intoxications alcooliques, a relevé Jean-Michel Dolivo (La Gauche).

Une courte majorité de députés a suivi l'avis du Conseil d'Etat, qui proposait d'exclure le vin de l'interdiction. "On ne restreint une liberté publique que dans la mesure où elle est indispensable", a lancé le conseiller d'Etat Philippe Leuba. "Or l'expérience du terrain montre que les bitures express ne se font pas avec du vin".

Mélanges d'alcools

Il n'a pas convaincu une moitié de l'hémicycle qui a observé que les noctambules ont plutôt tendance à mélanger tous les alcools qui passent au cours d'une soirée. "Les jeunes se rabattront sur le vin s'ils ne peuvent pas trouver d'alcools forts", a relevé la députée Gloria Capt (PLR).

Une poignée de députés a tenté en vain d'exclure également la bière des alcools interdits de vente à l'emporter en soirée. Quelques-uns ont demandé de renoncer à toute limitation, jugeant inutile de "punir" tout le canton pour un problème qui ne concerne que Lausanne.

Heure blanche possible

La révision de la LADB concerne également les établissements publics. Les députés, qui ont commencé à examiner ce volet de la loi, ont adopté une base légale qui permet aux communes de décider d'une "heure blanche", à savoir d'une période pendant laquelle un établissement public peut rester ouvert mais sans vendre de l'alcool. Le premier débat devrait se poursuivre la semaine prochaine ou la suivante, après l'examen du budget.

/ATS


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