Wall Street rattrapée par les craintes sur la crise ukrainienne

Wall Street a terminé dans le rouge, les craintes sur la crise ukrainienne occultant en partie la chute spectaculaire du taux de chômage aux Etats-Unis: le Dow Jones a cédé 0,28% et le Nasdaq 0,09%.

Selon les résultats définitifs, le Dow Jones Industrial Average a baissé de 45,98 points à 16'512,89 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 3,55 points à 4123,90 points. L'indice élargi Standard & Poor's 500 a perdu 0,13% ou 2,54 points, à 1'881,14 points.

"La géopolitique joue un grand rôle dans ce qui s'est passé sur les marchés" vendredi, a remarqué Brent Schutte de BMO. "La crise ukrainienne persiste et aucune issue ne semble se dessiner (...). Les investisseurs craignent que cela prenne de l'ampleur", a-t-il expliqué.

L'Ukraine, en proie depuis des semaines à une insurrection armée pro-russe qui s'étend dans l'Est du pays, a lancé vendredi une opération militaire dans les villes de Slaviansk et Kramatorsk. A Odessa, dans le sud du pays, 31 personnes ont péri dans l'incendie d'un immeuble à la suite d'affrontements.

Barack Obama et Angela Merkel ont menacé vendredi la Russie, accusée d'aviver les tensions, de sanctions "sévères" en cas d'escalade.

Cette situation très instable rend les acteurs du marché fébriles, les incitant avant le week-end à retirer leur argent de la table, malgré un rapport sur l'emploi plutôt positif.

Ce document, très attendu, a montré que le taux de chômage aux Etats-Unis était tombé en avril à 6,3%, son niveau le plus faible depuis septembre 2008, et que l'économie avait créé 288'000 emplois, une progression d'une ampleur beaucoup plus importante que prévu (210'000).

Mais "quand on creuse un peu, le rapport est en fait déconcertant", a noté Mace Blicksilver de Marblehead Asset Management, en mettant en avant le recul du taux de participation à la population active, à 62,8%.

La nette baisse du taux de chômage pourrait aussi faire réfléchir la banque centrale américaine (Fed). L'institution avait en effet indiqué dans un premier temps que quand le taux de chômage descendrait à 6,5%, les taux d'intérêt, proches de zéro depuis fin 2008, pourraient commencer à remonter. Elle a certes abandonné en mars cette idée, "mais ça reste à l'esprit de tout le monde", a rappelé Mace Blicksilver.

/ATS


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