Too big to fail: le National veut morceler les grandes banques

La gauche et l'UDC ont fait front commun lundi au Conseil national pour obliger les grandes banques suisses à cloisonner leurs activités. Elles ont demandé au gouvernement de plancher sur une telle réforme. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.

Des propositions semblables avaient déjà été faites sans succès lors du débat sur le projet dit "too big to fail", il y a deux ans, mené pour éviter qu'UBS et que Credit Suisse n'entraînent toute l'économie en cas de faillite.

Les décisions du National interviennent alors que le conseiller national Christoph Blocher (UDC/ZH) vient de lancer une nouvelle perche à l'intention de la gauche pour lancer une initiative commune afin de scinder les différentes activités des grandes banques.

Trois textes adoptés

Trois textes ont été adoptés par la Chambre du peuple. La motion de l'UDC (107 voix contre 72) demande de séparer les activités d'investissement des grandes banques, en particulier celles qui ont lieu à Londres ou aux Etats-Unis, des fonctions d'importance systémique qui concernent la Suisse.

Selon Caspar Baader (UDC/BL), les mesures prises jusqu'ici ne suffisent pas. Une externalisation au moment de la faillite ne serait ainsi pas possible, a estimé le Bâlois.

La motion des Verts, adoptée par 100 voix contre 74, charge de son côté le Conseil fédéral de prendre les mesures nécessaires à la mise en place d'un système bancaire différencié. Il réclame une étude mettant en évidence les avantages et les inconvénients des différents modèles envisageables.

Enseignements pas tirés

Sur la même longueur d'onde, le postulat du PS (101 voix contre 74) demande un rapport exposant les motifs de l'instauration d'un cloisonnement des activités bancaires en Suisse ainsi que les modalités envisageables.

L'UBS n'a pas tiré les enseignements du passé et continue de verser des bonus malgré ses pertes, a critiqué Louis Schelbert (Verts/LU). Or, un effondrement de la banque resterait catastrophique et ce n'est pas à la population de payer les pots cassés, a lancé le Lucernois.

/SERVICE


Actualisé le

 

Actualités suivantes