Peter K pourrait être nourri de force

Voilà plus d’un mois que Peter K refuse de manger. Celui qui a été surnommé « le forcené de ...
Peter K pourrait être nourri de force

Peter K, « le forcené de Bienne », qui a entamé une grève de la faim il y a plus d’un mois, pourrait être nourri de force par les médecins lorsque son pronostic vital sera engagé

 Werner Strik (à gauche) et Thomas Freytag ont tenu un point presse mardi à Berne. Il était question de la grève de la faim menée par le détenu Peter K.

Voilà plus d’un mois que Peter K refuse de manger. Celui qui a été surnommé « le forcené de Bienne » proteste notamment contre son transfert de prison et souhaite retourner dans celle de Thoune. Mais ses motivations ne s’arrêtent pas là, selon Werner Strik, directeur de la Clinique universitaire de psychiatrie et psychothérapie des Services psychiatriques universitaires de Berne, établissement dans lequel est aujourd’hui interné Peter K.

 

« Peter K va bien »

« Vu les conditions, Peter K va bien », s’est exprimé mardi Werner Strik. Le « forcené de Bienne » a perdu entre 10 et 15 kilos depuis mi-janvier, lorsqu’il a commencé sa grève de la faim. Mais il peut aujourd’hui encore se tenir debout. Reste que la situation va tantôt devenir urgente, puisqu’il ne reste qu’une à deux semaines avant que Peter K ne risque concrètement de mourir. Les médecins sont toutefois satisfaits de la façon dont le contact se passe avec lui. Selon Werner Strik, l’individu est ouvert au dialogue et cela permet de garder espoir qu’il se résigne.

 

« Il ne veut pas mourir et nous n’allons pas le laisser mourir »

Selon Werner Strik, Peter K ne veut pas mourir et il l’a répété à maintes reprises. « Il ne veut pas mourir et nous n’allons pas le laisser mourir », s'est-il exclamé. C’est pourquoi les médecins et la justice espèrent pouvoir lui faire retrouver la raison. Les médecins estiment qu’il y a une réelle chance avec la thérapie et grâce à l’intelligence de cet homme. Mais le « forcené de Bienne » est très décidé, affirme Thomas Freytag, le chef de l’Office de l’exécution judiciaire du canton de Berne. L’objectif pour tout le personnel qui est à son chevet, c’est de trouver la réelle motivation de la grève de la faim qu’il mène pour le sortir de là rapidement.

 

« Nous devons résoudre cette situation »

Thomas Freytag a affiché une certaine confiance devant la presse ce mardi à Berne, mais il est conscient de l’urgence de cette affaire. « Nous devons résoudre cette situation », clame-t-il. Pour ce faire, la justice et les médecins vont travailler main dans la main. Le canton de Berne ne veut en effet pas connaître avec Peter K une situation analogue à celle du chanvrier Bernard Rappaz en 2010. Le Valaisan avait alors refusé d'être nourri de force, choix que les médecins avaient respecté malgré un arrêt du Tribunal fédéral et l'avis des autorités valaisannes. « Nous souhaitons y arriver ensemble », a conclu le chef de l’Office de l’exécution judiciaire du canton de Berne.

 

Rappel des faits

En 2010, Peter K s’était retranché dans une maison de Bienne. Il avait alors ouvert le feu, blessant un policier. L’homme avait ensuite entrepris une cavale, qui avait duré huit jours, et qui avait tenu en haleine toute la Suisse. /mle


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