Plusieurs actions se mettent en place dans la région face à la prolifération de certaines espèces qui peuvent parfois s’avérer dangereuses pour les animaux et les humains à l’instar du Séneçon jacobée
La lutte contre les plantes envahissantes et parfois dangereuses s’accélère dans la région. La ville de Bienne et plusieurs communes du Seeland ont lancé lundi une action qui cible en particulier les espèces non-indigènes. Ces localités ont décidé de mettre gratuitement à disposition de leurs habitants des sacs pour éliminer les plantes néophytes qui ne doivent pas être mises au compost, soit par exemple l’Impatiente glanduleuse, le Solidage du Canada, la Vergerette annuelle ou encore la Renouée du Japon. Les sacs seront ramassés en même temps que les ordures ménagères ou devront être déposés à des endroits spécifiques. Une brochure d’informations sera également publiée à l’attention de la population. Par ailleurs, plusieurs communes présenteront durant quelques semaines une exposition des plantes exotiques problématiques les plus courantes dans le Seeland.
La FRIJ s’attaque au Séneçon Jacobée
De son côté, la Fondation rurale interjurassienne (FRIJ) va réaliser une vidéo pour sensibiliser le grand public au Séneçon jacobée. Cette plante indigène aux fleurs jaunes peut avoir des conséquences néfastes. « Elle est très toxique pour le bétail à tous les états, qu’elle soit fraîche ou séchée. Il y a beaucoup d’alcaloïdes qui provoquent plusieurs problèmes internes, dans le système digestif ou le foie. Si la bête en mange beaucoup d’un seul coup, elle peut mourir en quelques jours », explique le responsable de la station phytosanitaire à la FRIJ. Julien Berberat souligne que cette plante peut aussi être problématique pour les êtres humains. « Ces alcaloïdes peuvent aussi se retrouver en petites quantités dans le lait ou le miel. Un gros foyer de Séneçon jacobée à proximité d’un rucher, ce n’est pas bon », ajoute-t-il.
Julien Berberat : « C’est une plante envahissante et très toxique »
L’exemple de Renan
La lutte contre cette plante n’est toutefois pas nouvelle dans le Jura bernois. La commune de Renan s’est, par exemple, mobilisée il y a quelques années et les mesures prises portent leurs fruits selon Andreas Niederhauser, l’ancien maire qui est également agriculteur. Les autorités avaient pris contact en 2014 avec les CFF pour pouvoir procéder à l’arrachage du Séneçon jacobée présent aux abords des lignes de chemin de fer. « La première année, on s’est retrouvé avec près de 700 kg de plantes arrachées à mettre à l’incinérateur. Quatre ans plus tard, il y en avait 120-130 kg », indique Andreas Niederhauser. Aujourd’hui, l’ex-régie fédérale se charge elle-même de l’éradication du Séneçon.
Andreas Niederhauser : « On a réussi à bien faire diminuer ces plantes le long des voies ferrées »
Même s’il est possible d’utiliser certains produits phytosanitaires, la meilleure façon de faire disparaître le Séneçon jacobée est de l’arracher au moment de la floraison. /alr










