Avis divergents sur la rénovation du Foyer de Prêles

« De graves manquements ont entaché la planification et la réalisation de la rénovation et ...
Avis divergents sur la rénovation du Foyer de Prêles

Foyer d'éducation de Prêles La réalisation d'importants travaux au Foyer de Prêles, quelques années avant sa fermeture, serait due à de graves erreurs de planification, selon la commission de gestion du Grand Conseil

« De graves manquements ont entaché la planification et la réalisation de la rénovation et de l’extension du Foyer d’éducation de Prêles, achevée en 2012, après quatre ans de travaux » : la commission de gestion du Grand Conseil bernois a rendu un rapport sur le sujet. Elle souhaitait notamment comprendre pourquoi près de 40 millions de francs ont été investis dans un site qui a été condamné à fermer ses portes quatre ans plus tard. Dans ses conclusions, elle accuse l’Office de la privation de liberté et des mesures d’accompagnements ainsi que l’Office des immeubles et des constructions d’avoir commis de graves erreurs.

Sept points problématiques pour la commission

Tout d’abord, les besoins de places d’accueil ont été mal évalués, sans avoir de données fiables sur leur évolution future. La gestion de projet serait quant à elle lacunaire, avec des travaux d’étude lancés avant qu’un concept d’exploitation abouti ne soit prêt. Ce concept n’intégrait par ailleurs pas suffisamment les questions liées à l’exploitation et à la gestion économique du foyer. La commission dénonce donc l’inexistence de calcul de rentabilité. Quatrième point critiqué, le fait d’avoir lancé un projet risqué alors que cela faisait des années que le nombre de jeunes bernois placés à Prêles était faible. À cela s’ajoute le fait que la planification a été confiée à un bureau sans expérience particulière dans la construction de ce type d’institution, car les critères d’aptitudes et d’adjudication n’étaient pas assez ciblés sur le projet. La commission déplore aussi le fait que des travaux n’ont pas été réalisés par peur de dépassement des coûts, alors qu’il était évident qu’ils devraient l’être tôt ou tard. Finalement, l’organe du Grand Conseil estime que le contrôle est inexistant pour les projets d’envergure. Une instance cantonale supérieure aurait pu suivre le projet de manière critique et tirer la sonnette d’alarme à temps.

Pas de manquements pour le Conseil-exécutif

Le Conseil-exécutif a immédiatement réagi à ces déclarations publiées vendredi matin. Il estime qu’il n’y a pas eu d’atteinte aux intérêts du canton.Le gouvernement bernois rappelle que les travaux de rénovation et d’agrandissement du Foyer d’éducation de Prêles ont été planifiés il y a 15 ans. Selon lui, les responsables de l’époque les ont menés à bien en leur âme et conscience. Il soulève aussi le fait que le crédit de réalisation a été accepté à l’unanimité par le Grand Conseil en 2007, après un examen détaillé. En ce qui concerne les besoins en places d’accueil, elles avaient été corroborées de toute part, y compris par la Confédération et le concordat. Pour ces raisons, notamment, le Conseil-exécutif estime que ce projet ne comportait pas de risques excessifs. Il ajoute que la commission arrive à ses conclusions en analysant l’évolution de la demande a posteriori. Or, au moment de la planification, il était impossible de prévoir la baisse de 71 % des demandes de placement survenue entre 2010 et 2014. Comme le dit l’expression populaire, on est toujours plus malin après. En ce qui concerne les demandes de la commission de gestion pour éviter ce type de situation à l’avenir, le gouvernement répond que les procédures cantonales pour la planification et l’exécution de projet de cette ampleur ont été améliorées au cours des 15 dernières années. Les mesures exigées sont donc déjà appliquées.

Le Grand Conseil bernois traitera ce dossier lors de sa session de novembre. /ast


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