Trois mois de plus dans l’affaire du drame de Montvoie

Palais de justice

Une peine légèrement plus lourde pour le jeune conducteur qui avait causé la mort de deux de ses passagers en avril 2014. Le drame s’était produit entre Montvoie et Villars. Le chauffeur et les trois autres passagers avaient été blessés. La procureure et une des parties plaignantes avaient fait appel du jugement du Tribunal de première instance en mars et réclamaient huit ans de réclusion. Mardi, la Cour pénale à Porrentruy a partiellement confirmé ce premier verdict. Le jeune homme de 21 ans a écopé de 36 mois de peine privative de liberté, dont 24 mois avec un sursis de 4 ans et 12 mois ferme, principalement pour homicide par négligence.

Le meurtre par dol éventuel n’a pas été retenu par la Cour pénale. Comme lors du jugement de première instance, les trois juges ont estimé que le chauffeur n’imaginait pas que sa conduite téméraire pouvait causer la mort de ses amis. Selon le président du Tribunal, son comportement s’explique par la rouge de la jeunesse. C’est l’inaptitude du conducteur et des pneumatiques défaillants qui sont la cause de cet accident dramatique. D’après les experts, deux km/h de moins auraient permis d’éviter la sortie de route. La Cour pénale a tout de même augmenté le temps d’emprisonnement, passant de 9 à 12 mois. Le jeune homme n’a pas encore pris totalement conscience de ses actes. De plus, le sursis a été prolongé de deux ans. Le risque de récidive est présent, d’après les experts psychologiques.

Les différentes parties ont 30 jours pour appel devant le Tribunal fédéral.

 

Les plaidoiries du matin

La procureure ainsi que la partie plaignante ont été heurtées par le verdict et les motivations du Tribunal de première instance. Selon Frédéric Comte, le drame n’est pas dû à la malchance mais à un risque pris par le conducteur qui ne pouvait ignorer que son comportement engendrerait un accident, qui plus est dans une forêt escarpée. Tous les passagers le suppliaient de rouler moins vite. L’issue fatale a été laissée au hasard. L’avocate de la partie plaignante a demandé à la Cour pénale de donner un signal fort à la jeunesse. La cliente de Maître Martine Lang ne fait pas appel pour se venger mais souhaite que la culpabilité du chauffeur soit reconnue à sa juste valeur, et que ce nouveau verdict fasse office de prévention afin que d’autre famille n’ait plus à subir de telles situations.

Quant à l’avocat de la défense, il a tenté de différencier les éléments subjectifs de ceux objectifs. Il a rappelé les différentes expertises techniques qui prouvaient que le virage pouvait être franchi à 81km/h alors que le véhicule affichait 83 km/h. Selon Maître André Gossin, les témoignages recueillis sont influencés par les conséquences du drame. La peur ressentie a selon lui été surévaluée après coup. Sinon pour quelles raisons, les cinq jeunes hommes seraient remontés dans le véhicule après une pause de 20 minutes. En fin de matinée, le prévenu de 21 ans a pris la parole, en sanglotant, pour exprimer ses regrets. /ncp


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