Des licenciements chez Crédit Suisse dans le Jura bernois et le Jura

Sept salariés sont en cours de licenciement dans les agences de Moutier, St-Imier, Delémont ...
Des licenciements chez Crédit Suisse dans le Jura bernois et le Jura

Sept salariés sont en cours de licenciement dans les agences de Moutier, St-Imier, Delémont et Porrentruy

Crédit Suisse

La vague de licenciements chez Crédit Suisse touche aussi le Jura bernois et le Jura. Selon nos informations et selon plusieurs sources concordantes, ce sont sept salariés qui devraient quitter les établissements Crédit Suisse de la région. Ces suppressions de postes sont réparties sur les agences de Delémont, Porrentruy, Moutier et St-Imier. Certains de ces licenciements seront effectifs dès le mois d’août tandis que d’autres se réaliseront à plus long terme. L’établissement aux deux voiles a en effet mis sur pied un plan social qui ne comprend pas forcément d’indemnité de départ. Ainsi, pour compenser cette perte pour les employés, les délais de départ sont rallongés.

Ces mesures ne constituent pas vraiment une surprise. En octobre 2015, le numéro deux bancaire helvétique annonçait la suppression de 1600 postes en Suisse d’ici la fin 2018. « Une grande partie de cette réduction peut être réalisée par la fluctuation naturelle du personnel et un plan social complet a été établi. », a simplement précisé Crédit Suisse à la rédaction de RJB. Mardi, une nouvelle vague a été annoncée avec une réduction d’effectif de 5500 unités au niveau mondial.

 

Perte de gros clients et numérisation

Ces licenciements régionaux font donc partie intégrante de la stratégie d’économie actuelle de Crédit Suisse. La banque accuse des pertes financières importantes, en témoigne ce recul net de 2,44 milliards de francs sur l’année 2016. La recette pour éponger est bien connue : diminuer les coûts et faire des économies. Pour y parvenir, une restructuration du secteur financier a donc été enclenchée (ce qui, par ailleurs, ne concerne pas uniquement Crédit Suisse). Ce besoin de remodeler la manière de travailler s’articule autour de deux raisons principales. Différents accords ont été passés avec les Etats étrangers en matière d’imposition des revenus. Cela a provoqué le départ de gros clients pour qui le contexte fiscal n’était plus assez favorable, et donc entraîné une baisse des fortunes à gérer. L’autre raison est technologique. Les banques ont franchi le pas de la digitalisation et de la numérisation. Désormais, de nombreuses opérations dans le domaine du trafic de paiement et pour les « petits » comptes se font par ce biais-là. D’où la possibilité de se séparer d’une partie du personnel.

 

Un processus trop rapide dénoncé par l’ASEB

Cette nécessité de s’adapter à son temps et de faire face aux aléas du milieu bancaire, l’association suisse des employés de banque (ASEB) n’a pas de peine à la reconnaître. Mais ce syndicat s’offusque en revanche de la méthode, jugée trop rapide. « On est convaincu que si les banques prennent ces décisions sur le long terme et qu’elles tiennent compte de la fluctuation naturelle du personnel comme les départs à la retraite ou départs volontaires, on peut alors grandement limiter le nombre de personnes touchées par cette restructuration. On attend aussi des banques qu’elles assument leurs responsabilités en matière de formation continue. Avec la numérisation, les compétences attendues des employés ont été modifiées. Ces personnes devraient être formées pour répondre à ces nouvelles exigences. Or, on constate que le personnel plus âgé n’a pas été suffisamment formé et on profite de cette excuse pour s’en débarrasser », commente Denise Chervet, directrice de l’ASEB pour la Suisse. De son côté, Crédit Suisse se refuse pour le moment à toute communication officielle sur ces éléments : « Nous ne donnons pas d’indication sur les détails des mesures spécifiques ».  /jpi+cad


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