Les collaborateurs de l’hôpital de Moutier ont le droit de parler

La votation de Moutier sur son appartenance cantonale ne doit pas être un sujet tabou au sein ...
Les collaborateurs de l’hôpital de Moutier ont le droit de parler

Le canton de Berne n'interviendra pas pour voir si des pressions ont été exercées sur le personnel et les patients en vue du vote du 18 juin

HJB Moutier Les autorités prévôtoises dénonçaient des irrégularités à l'hôpital de Moutier, irrégularités qui ne sont pas avérées, selon le Conseil-exécutif

La votation de Moutier sur son appartenance cantonale ne doit pas être un sujet tabou au sein de l’hôpital du Jura bernois. Les collaborateurs de l’institution sont donc autorisés à en parler, explique jeudi le Conseil-exécutif dans un communiqué. Il rappelle que les déclarations privées relèvent de la liberté d’expression. Il répond ainsi aux autorités municipales prévôtoises qui dénonçaient des irrégularités au sein de l’hôpital, citant des témoignages selon lesquels des pressions étaient mises sur les employés et les patients de l’institution pour qu’ils votent non le 18 juin prochain. Le gouvernement bernois n’entend prendre aucune mesure.

 

Autorités municipales rappelées à l'ordre

Le canton de Berne ne partage pas les craintes des autorités prévôtoises. Selon lui, ces allégations ne sont pas corroborées par des faits ou des témoignages avérés. Il n’y a donc pour lui aucune nécessité d’intervenir dans ce dossier. Le canton de Berne en profite aussi pour rappeler qu’il tient beaucoup à ce que les Prévôtois puissent faire leur choix sur la base d’un processus de formation de l’opinion conforme à la loi. Les autorités de Moutier sont donc tenues de se montrer méticuleuses et mesurées dans la diffusion des informations. Leurs déclarations sont soumises aux principes d’objectivité, de transparence et de proportionnalité.

 

Des discussions compréhensibles au vu du contexte

Les propos de particuliers ne sont en revanche pas soumis aux mêmes critères, et les autorités n’ont à intervenir que dans le cas où le corps électoral serait gravement induit en erreur. Le gouvernement bernois ajoute qu’il comprend que les employés et les patients de l’hôpital de Moutier discutent du scrutin du 18 juin, puisqu’un « éventuel changement de canton conduirait obligatoirement à des changements » pour l’établissement.

 

Une réponse qui ne surprend pas le maire de Moutier

Contacté jeudi après-midi, le maire de Moutier ne se dit pas surpris par cette réponse. « Nous ne nous attendions pas à ce que des mesures soient prises », déclare Marcel Winistoerfer. Il rappelle que la volonté du conseil municipal n’a jamais été de limiter la liberté de parole des collaborateurs de l’hôpital. « Nous avons reçu des témoignages, et c’était notre rôle d’en parler », ajoute le maire. Il précise aussi que le canton n’a pas approché la municipalité pour obtenir plus d’informations sur ces témoignages. Quant au rappel à l’ordre du canton, Marcel Winistoerfer retourne le compliment au Conseil-exécutif : « nous attendons le même devoir de réserve de la part de Pierre Alain Schnegg ou de Bernard Pulver lorsqu’ils viennent s’exprimer à Moutier ». Il précise encore que c’est à présent au ministère public bernois de décider s’il entend se saisir ou non de ce dossier. /ast


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