Le journaliste Ludovic Rocchi devant les tribunaux

Ludovic Rocchi a-t-il calomnié un ancien professeur de l'université de Neuchâtel ? Jeudi matin ...
Le journaliste Ludovic Rocchi devant les tribunaux

L'ancien journaliste du Matin est accusé de calomnie et diffamation par un ex-professeur de la Faculté des sciences économiques de l'Université de Neuchâtel. Le plaignant invoque un lynchage médiatique

 Le jugement sera rendu la semaine prochaine.

Ludovic Rocchi a-t-il calomnié un ancien professeur de l'Université de Neuchâtel ?

Jeudi matin, l'ancien journaliste du Matin a comparu devant le Tribunal des Montagnes et du Val-de-Ruz. Il est accusé de calomnie et diffamation par un ex-professeur de la Faculté des sciences économiques de l'Université de Neuchâtel. En cause, des révélations de plagiat et de curriculum vitae trafiqué dans la presse romande. Le journaliste risque 45 jours-amende à 140 francs avec sursis.

Tout a commencé par un article en 2013 où le directeur de l’Institut de l’entreprise de la Faculté des sciences économiques de l’Université de Neuchâtel a été accusé de plagiat. De larges passages d'un livre vendu aux étudiants comme le support de référence pour son cours auraient été librement copiés sur d'autres publications. Un plagiat - par négligence - avéré par une enquête administrative.

Plus tard, le quotidien orange s'est fendu d'un autre article sur un deuxième livre - dont presque toutes traces auraient disparu - qui serait activement recherché par l'Université de Neuchâtel dans le cadre d'une enquête pour des faits similaires. Enfin, dernière salve tirée par le journal : le curriculum vitae du professeur aurait été gonflé avec des fonctions qu'il n'aurait pas occupées dans une université canadienne.

Le professeur a donc porté plainte en avançant que ces allégations portaient préjudice à sa personne. Une plainte à la base du scandale qui a secoué le canton de Neuchâtel. Le procureur en charge de l’affaire a effectué une perquisition - désormais considérée illégale - au domicile de Ludovic Rocchi pour trouver des preuves en août 2013.

 

Bon boulot ou lynchage médiatique ?

Durant les plaidoiries, la partie plaignante a affirmé que le professeur d'économie a été victime d'une chasse à l'homme et d'un lynchage médiatique de la part de Ludovic Rocchi. Maître Michel Bise avance que les articles du journaliste étaient méprisants et spectaculaires avec une surenchère dans leur rédaction avec un caractère excessif et une volonté de nuire. Cet état de fait aurait alors eu des effets extrêmement graves sur son client qui est actuellement en arrêt maladie et qui a finalement à contrecœur présenté sa démission à l'université.

De son côté, la défense affirme que le journaliste avait fait son travail avec rigueur. Maître Yves Burnand avance que le journaliste « a fait son boulot et l'a bien fait ». De plus, l’avocat est aussi revenu sur le fait que le plagiat du professeur a été avéré tout se faisant l'auteur d'une démonstration pour démontrer qu’il n’avait pas été réalisé par négligence.

Pour lui, cette affaire est avant tout un combat personnel entre le procureur et le journaliste. Ceci avec la perquisition illégale menée en août 2013, puis avec la volonté de « charger le bateau » pour infliger une peine pécuniaire considérable à Ludovic Rocchi lors de son instruction. Il demande donc l’acquittement de son client.

Le jugement sera rendu le 10 avril.

A noter encore que l'ex-professeur, au bénéfice d'un certificat médical depuis décembre 2016, n'était pas présent à l'audience. /jha


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