Le Jura renouvelle ses garanties à Moutier

Des précisions et des rectifications concernant l’avenir de Moutier. Le Gouvernement jurassien ...
Le Jura renouvelle ses garanties à Moutier

Le Gouvernement jurassien a tenu une conférence de presse mardi matin en vue du vote communaliste de Moutier. Il a abordé principalement la formation et la santé

Conférence de presse Gouvernement jurassien Le Gouvernement jurassien a précisé sa position sur des aspects liés au vote de Moutier (de gauche à droite: le chancelier Jean-Christophe Kübler, le ministre de la formation Martial Courtet, le président de la délégation du Gouvernement pour les affaires jurassienne Charles Juillard et le ministre de la santé Jacques Gerber).

Des précisions et des rectifications concernant l’avenir de Moutier. Le Gouvernement jurassien a tenu une conférence de presse ce mardi matin dans la perspective du vote du 18 juin en présence de trois ministres. Il a tenu ainsi à rectifier des informations qu’il juge « incorrectes » diffusées dans le cadre de la campagne et a répondu à des demandes de précisions de la part des autorités prévôtoises sur des questions politiques non traitées par les experts. L’exécutif cantonal a ainsi dénoncé des « faits alternatifs » sur l’avenir de Moutier dans le Jura. Deux thèmes principaux sont évoqués par le Gouvernement jurassien : la formation et la santé.

 

Un avenir à déterminer pour l’hôpital de Moutier

Dans le domaine de la santé, tout d’abord, c’est bien sûr de l’hôpital de Moutier dont il est question. Le Gouvernement jurassien rappelle que l’avenir du site n’est « pas directement lié » au vote du 18 juin sur l’appartenance cantonale de la cité prévôtoise, « sa pérennité reposant sur d’autres facteurs ». « Pour de nombreuses raisons, il n’est donc pas possible ni pour le canton du Jura, ni pour le canton de Berne d’indiquer quelles prestations le site fournira à l’avenir », affirme l’exécutif jurassien. Une affirmation contestée par le directeur de l'Hôpital du Jura bernois, Dominique Sartori. Le ministre jurassien de la santé, Jacques Gerber, précise que c'est la planification des besoins qui définit la liste hospitalière et pas l'inverse et qu'il est « extrêmement difficile pour un canton de garantir les prestations d’un hôpital pour un délai de 5 à 10 ans ».

Le Gouvernement précise que « si le scénario retenu est celui d’une entrée du canton du Jura dans l’actionnariat de l’Hôpital du Jura bernois », « les décisions n’appartiendront pas aux seules autorités jurassiennes mais à l’ensemble des partenaires concernés ». Par ailleurs, si le site hospitalier de Moutier rejoint l’Hôpital du Jura, « les autorités réexamineront les missions qui sont actuellement attribuées au site hospitalier de Delémont » avec pour objectif de « définir une organisation optimale renforçant le site hospitalier de Moutier ». Le Gouvernement jurassien  n’envisage donc pas « de décréter aujourd’hui, seul et dans la précipitation, les missions qui seront attribuées au site hospitalier de Moutier dans un horizon de cinq, dix ou quinze ans ». L’exécutif cantonal déclare également que « ni le maintien de la commune de Moutier dans le canton de Berne ni son transfert dans le canton du Jura ne constitue en soi une garantie, pas plus qu’une menace, pour l’avenir hospitalier de Moutier ». Il répond ainsi à une lettre du Conseil d’administration de l’HJB adressée au Conseil municipal de Moutier qui lui avait été transmise par la suite. Pour le ministre jurassien de la santé, Jacques Gerber, « il n’est pas possible de définir une stratégie hors-sol sans connaître le choix de Moutier quant à son avenir cantonal ».

Le Gouvernement jurassien indique encore qu’il entend « veiller » - tout comme le Conseil-exécutif bernois et les autorités prévôtoises – « à ce que la procédure communaliste, quelle que soit son issue, ne fragilise aucunement l’hôpital de Moutier ».

 

Des garanties pour la formation

L’autre domaine abordé par l’exécutif jurassien, c’est donc celui de la formation. L’e Gouvernement se veut catégorique : « L’école à journée continue de Moutier, telle qu’elle prévaut actuellement, pourra être maintenue dans le canton du Jura ». Un tel système est prévu dans la loi cantonale et le collège Thurmann à Porrentruy l’a, d’ailleurs, instauré pour la pause de midi avec l’appui du canton. « L’école à journée continue de Moutier bénéficiera ainsi d’un soutien financier de l’Etat jurassien ».

Par ailleurs, le Gouvernement jurassien garantit que « les jeunes Prévôtois qui n’ont pas de projet professionnel à l’issue de la scolarité obligatoire disposeront toujours de filières de transition ». Six classes pré-professionnelles sont proposées aujourd’hui dans le canton du Jura et « plusieurs de ces classes pourront se trouver à Moutier, selon le scénario retenu avec le canton de Berne ». Le Gouvernement jurassien rappelle qu’il est prêt à « installer une des cinq divisions du CEJEF dans la commune si le canton de Berne s’oppose au maintien du ceff artisanat à Moutier. Il répète également le principe du maintien des droits acquis a été décidé pour les enseignants de la cité prévôtoise en cas de transfert de la ville, notamment concernant la question des salaires. En conclusion, « la scolarité et la formation ne subiront aucun bouleversement en cas de transfert de Moutier dans le Jura », a déclaré le ministre jurassien de la formation, Martial Courtet.

 

Des perspectives pour l’aménagement du territoire

Un dernier thème a été évoqué par le Gouvernement jurassien : celui de l’aménagement du territoire. L’exécutif cantonal indique que Moutier constituera « un pôle urbain de première catégorie dans la planification directrice jurassienne ». La cité prévôtoise est classée « en deuxième catégorie dans la planification bernoise ». Le canton du Jura attribuera ainsi à Moutier « une part importante de la croissance et des emplois ». L’espace « gare sud/nord » pourra « prétendre à une vocation prioritaire dans le plan directeur cantonal jurassien, avec un statut de secteur stratégique ». La commune de Moutier sera, par ailleurs, « compétente pour délivrer l’ensemble des permis de construire sur son territoire, ce qui n’est pas le cas actuellement ».

Enfin, concernant la décharge prévôtoise de la Roche Hüsli, le Gouvernement indique que, dans le canton du Jura, « le financement communal est nul, voire limité en cas de besoin d’assainissement ». Si Moutier rejoint le Jura, la décharge en question sera intégrée au cadastre jurassien des sites pollués et sera également l’un des objets de la procédure de partage des biens entre les deux cantons ».

 

Un avenir jurassien jugé plus précis

Le président de la Délégation aux affaires jurassiennes du Gouvernement jurassien, Charles Juillard, estime ainsi que « Moutier connaît mieux son avenir dans le canton du Jura que dans le canton de Berne ». Le ministre a rappelé que l’offre du canton du Jura à la cité prévôtoise constituait des « garanties du Gouvernement et du Parlement et qu’elle ne se contentait pas de décrire la situation actuelle ».

Charles Juillard a, enfin, a regretté la décision de Grandval de retirer sa demande d'un vote sur son appartenance cantonale si Moutier décidait de rejoindre le canton du Jura. « Nous respectons ce choix, mais c'est dommage », a déclaré le ministre jurassien. /comm + fco

 

 


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