Question jurassienne: quand les urnes parlent mais ne sont pas entendues

Fort de leur succès acquis de justesse dimanche à Moutier, les autonomistes se sentent pousser ...
Question jurassienne: quand les urnes parlent mais ne sont pas entendues

Editorial: les déclarations du Mouvement autonomiste jurassien relancent les tensions avec Forces démocratiques

Image d'urne

Jeudi soir, dans le cadre des commémorations du 23 juin à Porrentruy, le Mouvement autonomiste a déclaré qu'il n'arrêterait pas sa lutte pour la réunification du Jura après les votes de Moutier, Sorvilier et Belprahon. Ces propos ont fait bondir le président du mouvement antiséparatiste Jean-Pierre Graber vendredi. Ils ont aussi inspiré ce commentaire à Alexandre Steiner:

Fort de leur succès acquis de justesse dimanche à Moutier, les autonomistes se sentent pousser des ailes. Pour eux, il semble évident que d’autres communes du Jura bernois suivront. Ils ne s’arrêtent pas à la couronne de Moutier et veulent « imaginer de nouveaux moyens de rétablir la souveraineté jurassienne sur l’ensemble du territoire » des six districts. Comme le dit Jean-Pierre Graber, ce discours ne surprend pas, mais il agace. Ces nouveaux moyens ont déjà été imaginés, il s’agissait de la Déclaration d’intention du 20 février 2012. Le processus arrive à son terme, et il est temps d’accepter une fois pour toutes le verdict des urnes. Non, le Jura bernois ne veut pas rejoindre le canton du Jura. Il l’a dit le 24 novembre 2013, à une écrasante majorité de 72%. Toutes les communes ont dit non, à l’exception de Moutier. Celles qui souhaitaient encore se prononcer ont pu en faire la demande, et cette possibilité n’a été finalement saisie que par trois d’entre elles. Les cantons de Berne et du Jura se sont aussi engagés : le 18 septembre prochain, la Question jurassienne sera réglée sur le plan institutionnel. Si le Jura se dit prêt à accueillir d’autres communes, il est peu probable que le canton de Berne entre en matière sur leur départ. Le conseiller d’Etat Pierre Alain Schnegg l’a dit : Berne a accepté d’aller aux limites de la démocratie et ne fera plus de cadeau. Conscient de cet état de fait, le MAJ sent bien que l’article 53 de la constitution fédérale ne suffira pas. Une demande de changement de territoire devrait être acceptée par les autorités et le peuple bernois, ce qui semble aujourd’hui illusoire. Alors quels moyens imagine le Mouvement autonomiste jurassien ? Changer la Constitution fédérale pour faire vivre le rêve de quelques militants, alors que la grande majorité de la population du Jura bernois n’en peut plus de cette question et pense déjà à son avenir sans Moutier ? Pour que la région puisse enfin avancer, le MAJ ferait bien de s’inspirer des perdants de dimanche, et d’accepter avec humilité la fin de la Question jurassienne au terme d’un processus démocratique salué loin à la ronde. /ast


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus