La brusque escalade sexuelle d’un jeune homme envers six filles mineures

Le ministère public a requis une peine de 24 mois de prison, éventuellement assortie du sursis ...
La brusque escalade sexuelle d’un jeune homme envers six filles mineures

Le Ministère public a requis une peine de 24 mois de prison, éventuellement assortie du sursis, ainsi qu’un suivi psychiatrique contre un jeune homme accusé d’actes d’ordres sexuel à l’encontre jeunes mineures

Le château de Porrentruy où siège le tribunal. Le château de Porrentruy où siège le tribunal.

C’est une affaire aussi délicate qu’effrayante qui s’est ouverte mardi matin devant la cour pénale du tribunal de Porrentruy. Un jeune homme de 22 ans est accusé d’actes d’ordre sexuels, contrainte sexuelle et éventuellement viol sur six jeunes filles de 12 à 15 ans. Des faits qui remontent à près de quatre ans dans le Jura et le Jura bernois. Le jeune homme reconnait tous les actes qui lui sont reprochés. Il jette désormais un regard empreint de regrets sur l’histoire d’une frénésie, d’une brusque escalade sexuelle d’un jeune homme envers plusieurs jeunes filles. En l’espace de cinq mois entre fin septembre 2013 et février 2014, il aura connu cinq « conquêtes ». Une affaire délicate eu égard au jeune âge des victimes, âgées de 12 à 15 ans au moment des faits, et à l’intimité des actes incriminés. Une affaire effrayante pour n’importe quel père ou mère qui réalise que tout peut partir d’une situation banale, que tout peut commencer sur les réseaux sociaux sur lesquels papotent tous les adolescents.

 

Attouchements, rapport sexuel et vidéos intimes

Le prévenu, âgé de 18 ans au moment des faits, contacte des adolescentes plus jeunes que lui. Parce que, dit-il, « je ne pouvais pas sortir avec des filles de mon âge ». Alors il charme ces jeunes demoiselles sur Facebook, puis WhatsApp : « tu es trop choue, tu es superbe ». Après une litanie de compliments, les conversations virent à l’intime. Puis, vient le temps du rendez-vous que ces jeunes filles tentent parfois d’éviter. La rencontre se déroule le plus souvent dans une gare, à Delémont, Porrentruy, Moutier, Péry… Le prévenu se livre alors à divers attouchements sur ces jeunes filles. Dans les toilettes de la gare. Une fois même à la piscine. Avec l’une d’elle âgée de 15 ans, il a un rapport sexuel complet. A la plus jeune, 12 ans, il lui envoie des photos et vidéos de ses parties intimes. Choquée, la fillette en parlera à l’infirmière de son établissement scolaire, ce qui constituera l’élément déclencheur de l’affaire judiciaire.

 

Y a-t-il eu contrainte et viol ?

« Je ne savais pas qu’il y avait un âge légal pour ça. Pardonnez-moi d’avoir été ignorant », lâche le prévenu au bord des larmes, la voix chevrotante. Les actes d’ordres sexuels sont avérés et reconnus. Toute la subtilité de l’affaire porte sur l’éventuelle « contrainte » et le viol. Toutes les victimes font part de leur malaise. Certaines n’ont pas osé dire non par crainte, selon leurs dépositions. D’autres ont tenté de fuir la situation, mais le jeune aurait fait obstacle avec son corps. « Mais aucune de ces jeunes filles, dont je ne nie pas la souffrance, n’a déposé de plainte », relève l’avocat de la défense Me Piquerez. Il pointe encore l’absence totale de violences physiques et de coups. Le tribunal devra donc notamment se prononcer sur la délicate notion de « violences psychiques » de la part du prévenu, et statuer sur une peine adéquate. Le procureur a requis 24 mois de peine privative de liberté, éventuellement assortis du sursis, faute d’institutions capables d’accueillir et de soigner le jeune homme. Selon le Ministère public, l’expertise faisant notamment état de troubles de la personnalité et d’immaturité du prévenu doit mener à une diminution de sa responsabilité pénale. Un suivi psychiatrique de cinq ans a également été demandé. La défense plaide, elle, pour un traitement ambulatoire afin de soigner les pulsions sexuelles du jeune homme. Le jugement sera rendu ce mardi à 17h. /jpi


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