La ville de Bienne pourrait prendre des mesures contre un imam

Les autorités réagissent après la publication du scandale de l'aide sociale distribuée à un ...
La ville de Bienne pourrait prendre des mesures contre un imam

Les autorités réagissent après la publication du scandale de l'aide sociale distribuée à un imam aux propos haineux

Beat Feurer Le directeur de l'action sociale et de la sécurité de la Ville de Bienne, Beat Feurer.

Les autorités de la ville de Bienne pourraient prendre des mesures contre un imam soupçonné de tenir des propos haineux lors de ses prêches dans une mosquée. Elles étudient la possibilité de déposer une plainte pénale ou d'une intervention directe dans la mosquée.

Les autorités ont eu connaissance de ce cas le 11 août, a expliqué mercredi à l'ats Beat Feurer, directeur de l'action sociale et de la sécurité de la Ville de Bienne. Le conseiller municipal revenait sur des informations du Bund, du Tages-Anzeiger et de l'émission Rundschau de la SRF.

Les trois médias accusent l'imam domicilié à Nidau, commune voisine de Bienne, de tenir des propos appelant à la haine contre les personnes d'autres croyances lors de ses prêches à la mosquée biennoise Ar'Rahman. Originaire de Libye, il est arrivé en Suisse en 1998 comme requérant d'asile.

L'imam tire profit de la société libérale pour "semer la discorde", a affirmé à la télévision alémanique Erich Fehr, maire de la ville de Bienne. A la question de savoir si un retrait de son autorisation d'établissement s'impose, l'élu socialiste a répondu "nous en sommes tous convaincus". Et d'ajouter qu'une formation en Suisse pourrait reconnecter certains imams à la situation des musulmans y vivant.

 

Retrait du statut de réfugié

Le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) a accordé à l'imam le statut de réfugié en 2001, a précisé le canton de Berne. Mais le 3 août, le SEM a décidé de révoquer l'asile et de lui retirer la qualité de réfugié, car il s'est rendu plusieurs fois dans son pays et serait en possession d'un passeport libyen.

Dès que la décision du SEM sera entrée en force, l'homme ne sera plus soumis au droit d'asile, mais aux dispositions de la loi sur les étrangers. Dès lors, le canton de Berne entend examiner les "mesures qui s'imposent". Cet imam bénéficie d'un permis d'établissement C.

 

Vérifications en cours

A Bienne, Beat Feurer a chargé le groupe de spécialistes pour la prévention de l'extrémisme et de la violence d'effectuer les vérifications nécessaires et de proposer des mesures concrètes. Sur le plan juridique, les autorités pourraient envisager, le cas échéant, le dépôt d'une plainte pénale.

La ville de Bienne n'est pas compétente pour les mesures relevant du droit d'asile ou de la législation sur les étrangers. Les autorités annonceront par ailleurs ce vendredi la création d'un organe de contact pour la prévention de l'extrémisme et de la violence.

 

Aide sociale

La commune de Nidau, où est domicilié cet imam, a confirmé que cet homme percevait l'aide sociale. Selon la radio-télévision alémanique SRF, ce Libyen aurait touché à ce titre 600'000 francs au cours des treize dernières années.

Les autorités nidowiennes apportent leur soutien à une enquête immédiate sur les accusations portées contre cet imam libyen. Elles rappellent que le versement de l'aide sociale est indépendant des croyances personnelles pour autant qu'elles ne relèvent pas du droit pénal. /ats


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