Des archets à deux millions

Une collection d’archets de violon d’une valeur de 2 millions de francs rebondit ce mardi devant ...
Des archets à deux millions

Un fabricant de violons comparait devant la justice à Bienne depuis mercredi. Il est accusé d'abus de confiance pour s'être approprié puis avoir ensuite confié à un tiers une collection d'archets d'une valeur de deux millions de francs

L'accusé, luthier de profession, se serait laissé grisé par les sommes astronomiques de certains instruments de musique L'accusé, luthier de profession, se serait laissé griser par la valeur astronomique que peuvent prendre certains instruments (image: archives)

Une collection d’archets de violon d’une valeur de 2 millions de francs rebondit ce mercredi devant la justice à Bienne. L’affaire, gérée par le Tribunal pénal économique basé à Berne, a été déplacée dans la cité seelandaise pour que les débats se déroulent en français, la langue du prévenu. L’homme d’une soixantaine d’années domicilié dans le canton de Neuchâtel doit répondre d’abus de confiance pour avoir laissé se volatiliser entre 2008 et 2012 un lot d’archets de grande valeur dont ses propriétaires lui avaient confié la vente.

Personne ne sait où se trouvent désormais ces 61 pièces de collection que le prévenu, lui-même fabricant de violon, avait pour mandat de vendre. L’homme, déjà sous le coup de plusieurs enquêtes judiciaires en Suisse et à l’étranger, les aurait confié, selon ses dires, à un collègue marchand d’art avec pour mission de leur trouver un acquéreur. Cette personne, très connue dans le monde du commerce des instruments de musique, aurait gardé les archets en garantie d’une dette privée que le prévenu avait à son encontre. Le couple lésé n’a appris que 4 ans après avoir mis leur bien en vente, que le prévenu qui était pourtant un ami de longue date, les avait mené en bateau et n’était plus ni en possession de la marchandise ni de la contre-valeur de deux millions de francs.

Un comportement sévèrement réprimé par le procureur Yannick Montavon : « vous êtes peut-être le pape de la lutherie mais pas la personnification de la loyauté » a-t-il asséné dans sa plaidoirie mardi matin. La défense, de son côté, a fait appel à la clémence des juges en arguant « qu’il s’agissait d’un malheureux concours de circonstances ». Le mot de la fin est revenu comme le veut la loi au prévenu qui s’est confondu en excuses : « Je ferai tout pour réparer » a-t-il promis à ses anciens amis. 

Le procureur a requis 3 ans et 4 mois de peine privative de liberté. Le verdict de cette affaire sera rendu jeudi en fin de journée. /nme


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