Les CFF veulent garder le monopole sur le trafic grandes lignes

Les CFF veulent garder le trafic grandes lignes entre leurs mains. L'ex-régie fédérale demande ...
Les CFF veulent garder le monopole sur le trafic grandes lignes

Les CFF veulent garder le monopole sur le trafic grandes lignes

Photo: Keystone

Les CFF veulent garder le trafic grandes lignes entre leurs mains. L'ex-régie fédérale demande le renouvellement de la concession pour ce trafic dans tout le pays pour 15 ans. Elle est néanmoins prête à négocier avec le BLS au sujet d'une concession nationale.

Berne (ats) Les CFF veulent garder le trafic grandes lignes entre leurs mains, en demandant le renouvellement de la concession pour ce trafic sur tout le territoire et pour 15 ans. L'ex-régie fédérale est néanmoins prête à négocier avec le BLS, qui veut casser son monopole.

Actuellement, les CFF exploitent seuls les lignes longue distance (Intercity, correspondances Eurocity, Interregio et Regioexpress). La majorité de ces concessions expirent en décembre 2017 et doivent être réattribuées par l'Office fédéral des transports (OFT).

En vue de cette échéance, les entreprises ferroviaires concernées ont été invitées en février à discuter de la nouvelle répartition des grandes lignes ferroviaires. "Nous avons trouvé un accord avec un partenaire, mais pas avec l'autre", a déclaré le patron des CFF Andreas Meyer vendredi devant la presse à Berne.

La Südostbahn exploitera dès 2020 deux lignes avec son propre matériel, tout en restant sous la concession des CFF: la ligne de faîte du Gothard et le tracé Berne-Coire.

 

Pas d'entente

Rien de tel n'a pu être conclu avec le BLS. En avril, celui-ci a annoncé vouloir exploiter trois lignes longue distance: Brigue (VS)-Berne-Aarau-Zurich-Romanshorn (TG), Interlaken (BE)-Berne-Aarau-Zurich-St-Gall et Interlaken-Berne -Olten (SO)-Bâle.

En août, les CFF ont soumis une offre à BLS pour les lignes longue distance entre Berne, Olten, Bienne et La Chaux-de-Fonds. Dans le trafic régional, ils étaient prêts à céder les lignes Bienne-La Chaux-de-Fonds-Moutier (BE)-Soleure et Neuchâtel-La Chaux-de-Fonds.

Mais le BLS n'a pas donné suite à l'offre de partenariat, précise l'ex-régie fédérale vendredi. Andreas Meyer concède que les négociations avec la compagnie régionale "n'ont pas été assez objectives".

Les CFF restent toutefois ouverts à une coopération. Mais à certaines conditions seulement: elle doit s'inscrire dans le cadre d'une concession portant sur l'ensemble du territoire, les avantages pour les clients doivent être manifestes, les coûts globaux du système freinés et la qualité de l'exploitation maintenue.

 

Andreas Meyer confiant

Justifiant la volonté des CFF de garder la mainmise sur le trafic grandes lignes, son patron a avoué qu'il n'y avait pas de bonne alternative sur la table. Les autres options feraient grimper les coûts. Et d'ajouter que le système actuel "pour toute la Suisse est le meilleur".

Confiant, Andreas Meyer estime que les CFF pourront garder la majorité des grandes lignes. S'ils devaient en perdre, les conséquences pourraient être lourdes pour le personnel, bien que difficiles à prévoir. Quant aux répercussions sur le prix des billets, il assure que tout sera mis en oeuvre pour qu'il reste bas. Mais cela dépendra de la décision de l'OFT.

 

Coûts et fausse concurrence 

En cas de morcellement de la concession, les coûts globaux du système augmenteraient de 15 à 20 millions de francs par an en raison des synergies non exploitées, estiment les CFF. Le réseau compte moins d'un tiers de lignes rentables, a souligné le patron de l'ex-régie. Le changement de système à lui seul induirait des surcoûts de l'ordre de 20 à 40 millions de francs.

Selon les CFF, cela entraînerait une situation de fausse concurrence. Le morcellement de la concession entre plusieurs entreprises ferroviaires au sein d'un même système ouvrirait "les portes du trafic grandes lignes national à la concurrence étrangère".

Or "une concurrence dans le trafic grandes lignes ne profite pas à la clientèle", selon M. Meyer. Certaines gares de chefs-lieux pourraient ne plus être desservies, à l'image de Delémont et Altdorf, menace-t-il.

 

Offre réduite

En fonction de l'attribution des lignes, qui doit se faire d'ici début décembre, l'ex-régie fédérale envisage de devoir réduire son offre. "Les CFF se réservent le droit d'adapter, voire de retirer les requêtes formulées pour certaines lignes", avertissent-ils.

"Si l'équilibre nécessaire entre liaisons rentables et non rentables n'était pas assuré", l'entreprise pourrait devoir renoncer à affecter les lignes Saint-Gall-Coire (Rheintal Express) et Berne-La Chaux-de-Fonds au trafic grandes lignes. Par ailleurs, la cadence semi-horaire sur la ligne Bâle-Bienne pourrait ne pas pouvoir être introduite dès 2022 comme prévu. /ATS

 

 

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