Deux non à Belprahon et Sorvilier

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Deux non à Belprahon et Sorvilier

Les deux communes bernoises ont refusé de suivre Moutier dans la République et Canton du Jura. La Question jurassienne est ainsi réglée sur le plan institutionnel

 Les communes de Belprahon et de Sorvilier ont dit non à un rattachement à la République et Canton du Jura.

Ni Belprahon ni Sorvilier ne rejoindra Moutier dans le canton du Jura. Les citoyens des deux villages du Jura bernois ont rejeté dimanche leur transfert dans le canton voisin, à sept voix près pour les premiers, à deux contre un pour les seconds.

Plus de neuf citoyens sur dix dans les deux communes ont participé au scrutin, et même jusqu'à 98% à Belprahon, où seuls cinq électeurs se sont abstenus. Là, le non a réuni 121 voix et le oui 114. A Sorvilier, il y a eu 121 non également, mais seulement 62 oui.

Après Moutier le 18 juin, ces deux votes constituent l'épilogue de la Question jurassienne. Cela sous réserve de l'acceptation, formelle, des citoyens des deux cantons et du Parlement fédéral, ainsi que de l'issue de la douzaine de recours déposés contre le résultat de la votation de Moutier et, désormais, de celui annoncé par les autonomistes à Belprahon.

 

Vote "endommagé"

Un recours sera lancé, ont prévenu les membres du comité pour le oui. "Durant la campagne déjà, nous avons dénoncé le fait que Belprahon vote avant que le résultat de Moutier ne soit validé", a indiqué à l'ats Aude Sauvain, membre du comité "Belprahon dit oui". "On peut imaginer que le comité ou un citoyen dépose un recours", a-t-elle dit.

Le vote a été endommagé par la campagne de diffamation lancée contre les autonomistes, a renchéri Pierre-André Comte, secrétaire général du Mouvement autonomiste jurassien. "Il doit être remis en question".

Le maire de Belprahon, Michel Leuenberger, favorable au départ de Moutier dans le canton du Jura s'est lui aussi montré déçu. "Nous étions sous pression depuis trois mois et une certaine anxiété se ressentait auprès des citoyens", a-t-il estimé. "Mais rien ne change", a-t-il ajouté, prêt à reprendre son poste lundi à la mairie, comme il le fait depuis 25 ans.

La déception était forte à l'annonce du résultat, peu avant 12h30 devant la maison communale où a eu lieu le dépouillement et où de nombreux autonomistes de Belprahon et de Moutier avaient fait le déplacement en attendant l'issue des urnes. Un lourd silence a suivi, avec des partisans du canton du Jura en pleurs.

Le résultat de Belprahon constitue une surprise dans la mesure où ce village de quelque 320 habitants est considéré aujourd'hui comme un quartier de la cité prévôtoise. Les citoyens ont considéré qu'ils pouvaient conserver ce lien étroit avec la commune centre qu'est Moutier même en n'étant pas dans le même canton. Le projet de fusion sur lequel se prononceront les villages voisins cet automne a aussi pu influencer leur choix. 

 

Sorvilier aussi

A Sorvilier, où les résultats sont tombés un peu plus d'une heure plus tard, le score est bien plus net et ne souffre d'aucun appel. Le résultat a été accueilli dans le village de quelque 300 habitants par des acclamations et un concert de klaxons, a constaté un journaliste de l'ats sur place.

Ce résultat ne constitue pas une surprise dans la mesure où Sorvilier aurait formé une enclave jurassienne en terres bernoises. Une perspective qui a pu effrayer certains citoyens.

Le Gouvernement jurassien avait tenté de rassurer la population en affirmant qu'il n'y voyait aucun problème sur le plan administratif et politique. Il relevait que les enclaves constituaient une réalité en Suisse et qu'elles fonctionnaient à satisfaction.

Une majorité des citoyens de deux communes ont ainsi été réceptifs aux arguments du Conseil-exécutif bernois qui les avait appelés durant la campagne à choisir la stabilité en votant non à un rattachement au canton du Jura. L'exécutif estimait que les communes ont tout à gagner à rester dans le canton de Berne, leur promettant un futur serein.

 

Déroulement "correct"

Comme pour le scrutin de Moutier, le gouvernement bernois avait mis en place des mesures pour garantir des votations "irréprochables". L'Office fédéral de la justice (OFJ) avait de son côté dépêché des observateurs pour suivre le vote et les opérations de dépouillement.

Tout s'est déroulé de manière correcte, a indiqué Jean-Christophe Geiser, responsable des juristes, cité dans un communiqué de l'Office fédéral de la justice. Les cinq observateurs fédéraux ont supervisé le contrôle des cartes de légitimation, scellé les urnes et suivi l'intégralité du dépouillement. /ATS

 


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