« Je voulais qu’on me mette en prison »

C’est une affaire inhabituelle qui occupe le tribunal de Moutier depuis lundi matin. Il doit ...
« Je voulais qu’on me mette en prison »

Un jeune homme diagnostiqué schizophrène doit répondre de tentative de meurtre, le ministère public demande une mesure d'internement

Tribunal Moutier

C’est une affaire inhabituelle qui occupe le tribunal de Moutier depuis lundi matin. Il doit se prononcer sur le cas d’un homme accusé de tentative de meurtre, lésions corporelles simples, menaces et injures notamment. Selon une expertise psychiatrique, le prévenu proche de la trentaine souffre de schizophrénie et était irresponsable au moment des faits. Le ministère public demande donc une mesure dans un milieu institutionnel fermé.

L’accusation de tentative de meurtre remonte au 9 décembre 2016 à Malleray. Le prévenu est soupçonné d’avoir agressé un homme placé en institution à l’aide d’un pied de parasol. Les faits se sont produits en pleine rue. L’accusé aurait frappé sa victime à six reprises, dont trois à la tête, provoquant divers hématomes et la cassure d’une phalange. Un témoin est alors intervenu, ce qui a provoqué la fuite de l’agresseur.

Lundi matin, le jeune homme a reconnu une partie des faits, mais déclare que la victime présentée par le tribunal n’est pas la bonne, tout comme le pied de parasol enregistré comme preuve. Un témoin a en revanche identifié l’agresseur et la victime. S’agissant de l’objet utilisé, le témoin l’a reconnu avant de préciser que dans ses souvenirs, il était de couleur plus claire.

L’accusé a par ailleurs déclaré avoir agi pour qu’on le mette en prison. Selon lui, les psychiatres et institutions qui le suivent depuis plusieurs années font mal leur travail, et sa situation et ses traitements sont meilleurs depuis qu’il est en détention préventive. Il a aussi demandé à pouvoir être placé à Witzwil, ou dans un établissement où il pourrait travailler au contact d’animaux.

Le tribunal composé de cinq juges devra dire s’il prononce une mesure en milieu fermé, l’expert mandaté estimant qu’un traitement ambulatoire ne permettrait pas de maîtriser la schizophrénie du prévenu, qui ne se considère pas malade. /ast


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