Le mari de Latifa B. clame toujours son innocence

Condamné à 18 ans de prison pour l’assassinat de son épouse, l’homme a plaidé non coupable ...
Le mari de Latifa B. clame toujours son innocence

Condamné à 18 ans de prison pour l’assassinat de son épouse, l’homme a plaidé non coupable jeudi devant la Cour pénale du canton de Neuchâtel

 C'est à proximité de Charquemont que le corps a été retrouvé par des promeneurs en mars 2015, plus de deux mois après la disparition de la jeune femme. (Photo : Google Maps).

Innocent et victime d'une erreur judiciaire. C'est ainsi que s'est présenté le mari de Latifa B. jeudi matin devant la Cour pénale du canton de Neuchâtel. L'homme avait été reconnu coupable de l'assassinat de son épouse par le Tribunal criminel des Montagnes et du Val-de-Ruz en juin dernier. Il a été condamné à 18 ans de prison.

Latifa B. avait quitté le domicile conjugal afin de se réfugier dans un foyer pour victimes de violences à La Chaux-de-Fonds, avant de disparaître le 6 janvier 2015. Son corps a été retrouvé deux mois plus tard dans une forêt en France voisine.

 

Enquête remise en cause

Le Tribunal criminel a affirmé dans son jugement qu’il était convaincu que le mari de la jeune femme, âgée alors de 24 ans, l’avait étranglée et noyée dans la baignoire de leur appartement  avant de lui raser les cheveux et d’abandonner son corps en bordure de forêt. « Cette enquête a été bâclée, menée en me présumant coupable dès le début. Il s’agit d’une procédure indigne, inacceptable, inadmissible, honteuse et scandaleuse », a soutenu le prévenu devant la Cour pénale. Il a fait recours contre le jugement de première instance pour « clamer son innocence ».

Aucune nouvelle preuve et aucun nouvel argument n’ont été apportés jeudi. Les avocats du mari de Latifa B. ont globalement répété ce qu’ils avaient dit en première instance, en pointant les faiblesses qu’ils ont constatées dans le dossier : il n’y a pas de témoin, l’arme n’a pas été retrouvée, il n’y a pas de traces de sang dans l’appartement, la date exacte de la mort n’est pas connue, la cause du décès non plus, et le mobile n’est pas clair. Le prévenu est certes passé aux aveux avant de se rétracter, mais il affirme qu’il a agi ainsi étant mal conseillé par son précédent avocat.

 

Prison à vie

De son côté, le Ministère public a requis la prison à vie, comme en première instance. Il estime que le dossier est bel et bien complet, avec 21 indices qui permettent de conclure à la culpabilité du prévenu, notamment la présence de sang dans son coffre, ainsi qu’une caméra et son téléphone portable qui le situent à proximité du lieu où le corps a été abandonné le 6 janvier.

L’avocat de la famille de la victime souligne surtout que l’homme a non seulement avoué son crime, mais qu’il a répété son récit cinq fois avant de se rétracter, et que les détails fournis se sont révélés exacts.

La Cour pénale rendra son verdict jeudi prochain. /mvr


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