Médecin accusé d’homicide par négligence

Un médecin du Val-de-Travers a comparu devant la justice après le décès d’un de ses patients ...
Médecin accusé d’homicide par négligence

Un médecin du Val-de-Travers a comparu devant la justice après le décès d’un de ses patients victime d’un surdosage médicamenteux

justice Le Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers rendra son verdict le 20 février dans l'affaire du médecin prévenu d'homicide par négligence.

Un médecin a comparu mardi devant le Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers. Il est prévenu d’homicide par négligence après la mort d’un de ses patients en octobre 2016.

 

Grosse erreur de posologie

Le malade, âgé de 79 ans, prenait une fois par semaine un médicament connu pour sa haute toxicité. Lors de son transfert d’un home de Fleurier à un home de Couvet, le document précisant la prescription médicamenteuse du pensionnaire a été envoyé par fax. La qualité d’impression était mauvaise et l’infirmière qui a fait la retranscription a noté une prise quotidienne au lieu d’hebdomadaire. Le malade a ainsi été victime d’un surdosage de médicaments. Mais c’est bien le médecin qui est mis en cause, car il a signé sans vérifier ce qu’il pensait être une simple copie de la prescription initiale. Les avocats des trois filles du défunt et le Ministère public s’accordent à reconnaître une première négligence dans cet acte.

 

Réaction du médecin

Le surdosage a été décelé après quelques jours. Le médecin, prévenu par téléphone, a immédiatement ordonné l’arrêt du traitement. Il a recommandé au personnel du home de faire hospitaliser le patient si son état s’aggravait, précisant qu’il partait à l’étranger pour plusieurs jours. Le praticien a reçu un nouvel appel téléphonique trois jours plus tard l’informant que l’état du malade s’était dégradé. Depuis son lieu de vacances, le généraliste a lui-même organisé l’hospitalisation de son patient.

 

Condamnation réclamée

Les parties plaignantes lui reprochent de ne pas avoir informé un confrère qui aurait pu prendre le cas en charge pendant son absence. Elles dénoncent surtout le fait que le prévenu n’ait pas tenté de faire prendre un antidote au malade après la découverte du surdosage. Le patient est finalement décédé à l’hôpital après plusieurs jours de souffrance. L’homicide par négligence est réalisé pour les plaignantes comme pour le Ministère public, qui réclament une peine de 60 jours-amende avec sursis. Les filles de la victime se disent aussi particulièrement choquées. Leurs avocats estiment que leur souffrance doit être réparée et demandent 25'000 francs pour tort moral.

 

Acquittement demandé

La défense n’est pas de cet avis. Elle s’appuie sur un rapport pour montrer qu’il n’y a pas de causalité entre le surdosage et le décès, le patient souffrait par ailleurs de multiples pathologies. Mais une autre expertise figurant au dossier arrive à la conclusion inverse. Pour l’avocat du prévenu qui demande l’acquittement, la négligence est à mettre sur le compte du personnel infirmier.

Le jugement sera rendu mardi 20 février. /msa


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