Le tribunal de Moutier rejette la demande du condamné de lever son internement. Le risque de récidive chez cet homme diagnostiqué comme psychopathe est considéré trop important. Ses proches seraient ainsi des proies faciles.
En 2012, cet homme avait été reconnu coupable par le Tribunal régional de Moutier de viols sur deux femmes, ainsi que d'abus sexuels sur sa fille âgée de 5 ans au moment des faits. Il avait été condamné à huit ans de prison, une peine assortie de l'internement à vie.
C'était la deuxième fois que la mesure la plus sévère prévue par le Code pénal était prononcée en Suisse. L'accusé avait fait recours auprès de la Cour suprême bernoise qui avait prononcé un internement simple. Pour le Ministère public, l'internement ne devait en aucun cas être levé. Il a rappelé lors de l'audience de mardi que cet homme avait un lourd passé criminel. Il avait déjà été condamné pour des actes similaires en 1991.
Un individu dans le déni
Jeudi, le tribunal a considéré que l’individu affichait une absence totale de prise de conscience, vu qu’il continue toujours de contester les faits ayant déjà été établis et qu’il refuse de s’exprimer sur ses troubles sexuels. Ce déni est extrêmement problématique pour le président du tribunal. Josselin Richard note au passage que le sexagénaire n’a montré aucune émotion ni remords par rapport à ses victimes. Son comportement n’a donc pas changé depuis 2010.
Ce jugement s’appuie largement sur l’expertise psychologique délivrée par un spécialiste. Pour la justice, ce rapport de 130 pages est concluant, cohérent, logique et convaincant.
Le sexagénaire retourne donc à Thorberg où il poursuivra son internement en détention. Il a dix jours pour faire appel à la chambre des recours pénale. /ats-anl