Crémines : le radar de la discorde

Le président de Bourgeoisie de Crémines dénonce le comportement de la police cantonale bernoise ...
Crémines : le radar de la discorde

Le président de Bourgeoisie de Crémines dénonce le comportement de la police cantonale bernoise. En cause : la pratique de contrôles radars devant le hangar des sapeurs-pompiers du Cornet

La police n'a pas le droit de réaliser des contrôles de vitesse devant le hangar des pompiers du Cornet, selon le président de Bourgeoisie Olivier Gobat. (Photo : Google Maps) La police n'a pas le droit de réaliser des contrôles de vitesse devant le hangar des pompiers du Cornet, selon le président de Bourgeoisie Olivier Gobat. (Photo : Google Maps)

La police cantonale bernoise n’a pas le droit de s’installer devant le hangar des sapeurs-pompiers du Cornet pour pratiquer des contrôles radars : c’est l’avis du président de Bourgeoisie de Crémines, Olivier Gobat. Il a adressé lundi une plainte par courrier recommandé au directeur de la police du canton de Berne, le conseiller d’Etat Philippe Müller. Selon Olivier Gobat, la police ne respecte pas les lois en vigueur en Suisse et se fiche des réclamations qui lui sont adressées.


Pas d’autorisation du propriétaire

Le 13 août dernier, deux policiers ont procédé à un contrôle radar devant le fameux hangar. Problème : cette place est mise à ban depuis plusieurs mois, et le stationnement y est clairement interdit. Le président de la bourgeoise, propriétaire du terrain, déclare que la police n’a jamais obtenu d’autorisation pour mener ses contrôles à cet endroit, que ce soit de la bourgeoisie, de la commune et encore moins des sapeurs-pompiers eux-mêmes.


Réclamations sans réponse

Olivier Gobat précise encore que ses nombreuses réclamations adressées par écrit ou par oral depuis 2015 sont restées sans réponse officielle des forces de l’ordre. Le président de bourgeoisie relève par ailleurs que la présence de véhicules à cet endroit est problématique, car ils pourraient gêner les opérations des services de secours. Enfin, il indique dans son courrier « qu’un emplacement pour des contrôles qui fassent sens a été défini d’entente entre les autorités de Crémines et la police cantonale », mais que cet accord n’est pas respecté.


Un endroit jugé peu judicieux

Du côté de la commune, le responsable de la sécurité publique, René Schrameck, confirme que des discussions ont eu lieu avec la police et que l’emplacement devant le hangar des pompiers a été signalé comme étant peu judicieux. Un avis partagé par le commandant des sapeurs-pompiers du Cornet, Walter Habegger. Il confirme que le stationnement est interdit sur cette place. Une interdiction qui concerne tous les véhicules, sans distinction. Il confirme également que le véhicule présent le 13 août aurait pu gêner en cas d’intervention des pompiers, d’autant plus qu’il avait un pneu crevé.


Plus de contrôle planifié à cet endroit depuis avril 2018

Contactée, la police cantonale bernoise indique que c’est justement en raison de ce pneu crevé que le véhicule de police s’est arrêté à cet endroit. Les agents présents ont ensuite installé le radar pour éviter d’être inactif jusqu’à l’arrivée de leur service de dépannage venu de Berne, et ils ont constaté au moins un dépassement de vitesse. La police cantonale précise encore que le dernier contrôle effectué de manière planifiée devant le hangar des pompiers du Cornet remonte à avril 2018, soit avant la mise à ban de la place par les autorités communales.


Propriétaires contactés « dans la mesure du possible »

Le porte-parole de la police, Dominik Jäggi, précise que des autorisations sont systématiquement demandées aux propriétaires de terrain pour les radars semi-stationnaires, de type remorque, qui restent plusieurs jours au même endroit. Pour les contrôles de quelques heures, les propriétaires sont contactés dans la mesure du possible, notamment lorsqu’il est question de s’installer devant une maison individuelle. Dans le cas d'un terrain qui semble public ou pour lequel le propriétaire n’est pas facilement identifiable, la police est en droit de s’installer pour autant qu’elle ne perturbe pas le trafic. Dominik Jäggi indique encore que si un propriétaire manifeste expressément son désaccord, la police doit respecter sa décision.

En ce qui concerne les griefs soulevés par Olivier Gobat dans sa lettre au conseiller d’Etat, il reviendra à Philippe Müller ou à sa Direction d’y apporter des réponses. /ast


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus