Pour soutenir les personnes menacées de renvoi, rien ne vaut l’objectivité

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Pour soutenir les personnes menacées de renvoi, rien ne vaut l’objectivité

Alors que l’autorisation de séjour de Jean-Maurice Libotte risque de ne pas être renouvelée, ses proches se mobilisent et ont lancé une pétition en ligne. Un acte qui peut être important pour autant qu’il reste objectif

Jean-Maurice Libotte vit à St-Imier et travaille comme bénévole chez Regenove à Tramelan. Jean-Maurice Libotte vit à St-Imier et travaille comme bénévole chez Regenove à Tramelan.

Jean-Maurice Libotte a 58 ans et vit à St-Imier. Il a quitté il y a 35 ans sa Belgique d’origine pour suivre son amour d’alors dans le Jura bernois. Aujourd’hui, il est menacé de renvoi. Son tort : avoir accumulé une dette sociale trop importante. Depuis plusieurs années et en raison d’une succession de problèmes personnels, il ne peut plus travailler et bénéficie de l’aide sociale. Le Service des migrations du canton de Berne lui a donc signifié que son autorisation d’établissement en Suisse risquait d’être révoquée. Il lui demande des documents qui prouvent sa situation et son implication dans la région.

Les proches de Jean-Maurice Libotte, eux, ont aussi décidé d’agir : ils ont lancé début février une pétition en ligne pour lui apporter son soutien. Sans que le principal intéressé ne soit au courant. C’est sa fille qui lui a un jour dit : « Papa, t’es sur Facebook ! », raconte-il pour expliquer comment il a pris connaissance de cet élan de solidarité. Une initiative qui le touche au plus haut point et qui, il espère, va jouer en sa faveur.


Les témoignages à double tranchant

Il est difficile en réalité de savoir si ces pétitions ont une réelle influence sur les décisions des autorités d’après Olivier Correvon, juriste au Centre social protestant (CSP) à Moutier. Lui-même traite des dossiers de ressortissants étrangers qui font face à des situations similaires. Il a d'ailleurs déjà eu vu certains de ses prestataires bénéficier de soutiens populaires. Pour lui toutefois, rien n’est joué d'avance : « Si ceux qui témoignent d’un soutien le font en apportant des critères objectifs dans l’appréciation d’un dossier, ça peut être bénéfique » explique-t-il. Il précise qu’en revanche, les critiques des décisions des autorités ne jouent pas forcément en la faveur des personnes concernées. Ce qui compte avant tout, c’est « d’apporter des éléments que l’administration ne connaîtrait pas » et « d’expliquer les raisons qui font qu’une personne ne peut, par exemple, pas trouver un emploi ».  Quant au fait de savoir si ceux qui ne bénéficient pas d’un tel soutien risquent d’être désavantagés, l’homme de loi répond immédiatement : « Non ».

Dans le cas de Jean-Maurice Libotte, beaucoup s’étonnent également du fait qu’il risque d’être renvoyé après 35 ans en Suisse. Sur cet élément, Olivier Correvon détaille : « La loi fixe le cadre du renouvellement des autorisations de séjour. Ensuite, des critères vont être pris en compte au cas par cas. La durée en est un, mais il n’est pas déterminant à lui seul ». /amo


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