Les garagistes entre inquiétude et incertitude

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Les garagistes entre inquiétude et incertitude

Alors que la plupart des garages vont reprendre une activité normale lundi, la chute libre des immatriculations de voitures neuves et les problèmes d’importation pourraient aggraver leur situation

Les garagistes craignent surtout pour leurs ventes d'ici l'été. (Photo d'illustration LDD) Les garagistes craignent surtout pour leurs ventes d'ici l'été. (Photo d'illustration LDD)

C’est avec beaucoup d’incertitude et une part d’inquiétude que les garagistes s’apprêtent à reprendre une activité presque normale lundi 11 mai. Le marché de l’automobile a, en effet, été mis à mal par la crise du coronavirus. Les immatriculations de voitures neuves sont en chute libre en Suisse depuis le début de la crise : -67,2% observé sur le mois d’avril ! Suisse et Liechtenstein sont même passés sous les 10'000 immatriculations, du jamais vu depuis la crise pétrolière des années 70’. Le Jura suit aussi la tendance. Si les statistiques d’avril par région ne sont pas encore disponibles, le canton a immatriculé en mars 164 véhicules contre 286 un an plus tôt, soit une chute de près de 43%.


Des soucis à la vente en raison des problèmes d'importation

Des chiffres qui vont inévitablement se répercuter sur l’activité des garagistes jurassiens qui s’apprêtent aussi à rencontrer des problèmes d’importation. « Le retard du montage des roues d’été, les expertises qui n’ont pas été faites vont nous redonner au début pas mal de travail. Mais on aura des soucis à la vente. Les usines ne tournent pas, donc les constructeurs n’envoient plus de voitures à vendre. Entre-temps, on a bientôt épuisé les stocks. Donc on a un peu de crainte de pouvoir revendre des voitures », résume Charly Rossé, vice-président de l’Union professionnelle suisse de l’automobile pour le Jura - Jura bernois.

Charly Rossé : « La crainte de ne pas avoir de voitures à vendre d'ici l'été »

Pas sûr non plus de pouvoir surfer sur le boum de l’électrique observé avant la crise. La Chine, principal fabricant de pièces pour ce type de voiture a aussi été à l’arrêt. « On n’a plus de matière première pour faire des voitures électriques et hybrides. Les grands constructeurs espèrent une reprise d’ici juillet-août. Mais je pense que les chiffres de vente seront encore dans le négatif à la fin de l’année », ajoute le garagiste delémontain. La relance dépendra aussi de l’état du portefeuille des Jurassiens après la crise, une inconnue de plus. « Beaucoup de Jurassiens ont été au chômage partiel, ont perdu 20% de leur salaire. Est-ce qu’ils vont vouloir acheter des voitures moins chères ? Veulent-ils encore du 100% électrique ? Mais j’ai espoir que le Jura se sorte bien de tout ça », tente de rassurer Charly Rossé. Les garagistes y verront sans doute plus clair aux grandes vacances. En période normale, les voitures se vendent surtout entre les mois de mars à juin selon Auto Suisse. Une période malheureusement déjà bien entamée. /jpi


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