« Une situation antinomique ». Ce sont les termes utilisés par Hubert Droz, responsable de l'Espace Nordic Erguël et représentant pour la région Jura/Jura bernois au comité de Romandie ski de fond au sujet des vignettes. Tous les fondeurs doivent se munir d’une carte pour pouvoir accéder aux différentes installations de la région. Ces abonnements sont valables sur pratiquement tous les domaines skiables de Suisse romande. « Il y a une volonté de ne pas mettre de frontières aux sportifs. » Il est donc possible d’acheter sa vignette n’importe où et de se rendre dans les différents espaces nordiques. Cependant, certaines stations vont vendre nettement moins de vignettes que d’autres en raison de la situation géographique. Bien souvent, les espaces qui vendent le plus de cartes sont les endroits où il y a un enneigement moins important. Le problème actuellement, c’est que le chiffre d’affaires n’est pas redistribué de façon équitable. « Une partie est encaissée par Romandie ski de fond et l’autre par la station qui a vendu la carte ». Les inégalités sont donc bien présentes, selon Hubert Droz.
Un marché concurrentiel
Cette situation va mener le monde du ski de fond dans un marché concurrentiel. Chaque station va devoir trouver des solutions marketing pour attirer les clients chez soi. Or selon Hubert Droz, « il est difficile de se différencier dans notre région puisque la qualité des pistes est exigée par la charte de Romandie ski de fond et les paysages se ressemblent beaucoup ». Il précise donc que la plupart des stations qui vendent le plus sont celles qui ont une forte affluence touristique.
Nos voisins alémaniques ne fonctionnent pas de la même manière. En effet, ils divisent leurs régions en différentes parties. Des calculs sont ensuite effectués par rapport aux jours d’ouvertures et à l’enneigement. Le chiffre total des ventes de vignettes est ensuite redistribué par rapport à cette estimation. Ce système est beaucoup plus équitable pour Hubert Droz qui a déjà proposé à Romandie ski de fond plusieurs idées allant en ce sens. Pour l’instant, les discussions sont encore loin d’aboutir mais elles sont en cours.
Contacté mardi, le président de Romandie ski de fond Laurent Donzé relève que le système actuel fonctionne à satisfaction selon les retours. Evidemment, la situation n'est pas identique pour toutes les stations en fonction de différents critères comme l'accessibilité, l'altitude ou encore la présence ou non d'infrastructures telles que restaurants, offices de tourisme ou autres. « Certains centres nordiques se sont rapprochés et ont conclu des accords spécifiques entre eux. Ils n’émanent pas de Romandie Ski de fond, mais nous encourageons et soutenons ces démarches lorsque des intérêts partagés et une volonté commune existent », conclut-il. /lge-oza









