« Je n’ai pas voulu mettre le feu »

Un homme comparaissait mardi devant le Tribunal Jura bernois-Seeland à Bienne. L'incendie de ...
« Je n’ai pas voulu mettre le feu »

Un homme comparaissait mardi devant le Tribunal Jura bernois-Seeland à Bienne. L'incendie de son appartement en 2019 avait provoqué la mort d'un voisin par intoxication. La piste de la négligence est privilégiée

L'incendie s'était déclaré dans une maison comportant plusieurs appartements. (Image d'illustration) L'incendie s'était déclaré dans une maison comportant plusieurs appartements. (Image d'illustration)

« C’était un accident. Je suis profondément triste pour ce qui s’est passé. » Le prévenu était affecté mardi matin à l’ouverture de son procès. Ce 25 novembre 2019, en fin d’après-midi, il se trouvait chez lui, dans son appartement à la rue Haute à Bienne. Il explique avoir vidé un cendrier plein de mégots dans un sac en papier qui contenait des mouchoirs et journaux, avant de quitter le logement. Le feu s’est rapidement répandu et une personne a trouvé la mort dans l’appartement situé au-dessus du foyer, intoxiquée au monoxyde de carbone. Par chance, les autres habitants avaient pu se réfugier sur le toit.


Irresponsabilité totale

La question qui se pose est celle-ci : était-ce un acte intentionnel? Une négligence ? L’expertise psychiatrique arrive à la conclusion que le prévenu était incapable d’apprécier le caractère illicite de ses actes. Il souffre d’un trouble psychique aigu avec schizophrénie paranoïde. Le Ministère public en est conscient. Pour lui, l’irresponsabilité pénale est totale. Dans ce contexte, la qualification d'incendie intentionnel doit être écartée. En revanche, il est nécessaire, utile selon le procureur, de prononcer une mesure thérapeutique institutionnelle, pour soigner le prévenu d’une part, aussi pour protéger la société civile.


Pas forcément de lien de causalité

La défense, elle, se veut plus nuancée. Le lien de causalité entre le trouble mental et l’incendie n’est pas forcément établi. Des mégots dans un sac, l’acte est dangereux, mais répandu. Une négligence pure et simple autrement dit. Que le prévenu ait besoin d’être soigné, l’avocat ne le conteste pas, bien au contraire. Selon lui, sur les faits reprochés, une mesure thérapeutique ne peut pas être prononcée, pas plus qu’une peine pénale. « Certes, c’est insatisfaisant sur le plan moral ou humain, car on sait que le prévenu a besoin d’être soigné », a-t-il souligné. Mais son sort n’a pas à être décidé par un tribunal pénal. D’autres voies doivent être selon lui activées. Le tribunal rendra son verdict jeudi matin. /oza


 

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