Climat : procès inédit pour la justice neuchâteloise

Quinze militants du mouvement de désobéissance civile Extinction Rébellion ont comparu ce lundi ...
Climat : procès inédit pour la justice neuchâteloise

Quinze militants du mouvement de désobéissance civile Extinction Rébellion ont comparu ce lundi devant le Tribunal de police à Neuchâtel. Une première dans le canton

Des militants d’Extinction Rebellion ont comparu devant la justice neuchâteloise ce lundi. Des militants d’Extinction Rebellion ont comparu devant la justice neuchâteloise ce lundi.

C’est un procès inédit qui s’est tenu lundi devant le Tribunal de police à Neuchâtel. Quinze militants du mouvement Extinction Rébellion comparaissaient pour avoir contesté une amende de 300 francs. Le 5 mars 2020, ils avaient occupé illégalement l’avenue du 1er Mars à Neuchâtel, bloquant le trafic durant 1h15, mais laissant passer les véhicules d’urgence. L’objectif de leur action était d’alerter la population face à l’urgence climatique. 

Pour la première fois, la justice neuchâteloise est appelée à se prononcer sur une action de désobéissance civile en faveur de l’environnement. L’enjeu de ce procès inédit, résumé par le Ministère public, est le suivant : « en quoi commettre une infraction est nécessaire pour faire passer un message, dans une société où le débat démocratique est possible ? ».

Pour le procureur, l’amende doit être maintenue. Les prévenus n’ont pas sollicité d’autorisation auprès des autorités compétentes pour mener leur action et ils ont perturbé un axe important du trafic de la ville, proche d’un hôpital et d’une école.

Pour le Ministère public, l'état de nécessité ne peut pas être retenu dans ce cas, soit le fait d’invoquer un danger imminent pour justifier une infraction. Le procureur, Marc Rémy :

« Il y avait des moyens légaux de faire passer le message »

Pour les prévenus, les voies légales que sont la politique et la justice ne suffisent pas aujourd’hui pour prendre des mesures face à l’urgence climatique. Tout avance trop lentement à leurs yeux, d’où la nécessité de porter le combat dans la rue, parfois en jouant avec la loi. L’un des prévenus, Yannick Ferrari :

« Le contrat social est rompu »

Pour l’un des deux avocats de la défense, les militants n’avaient par ailleurs pas conscience de l’illégalité de leur action le 5 mars. Il reproche à la police d’avoir toléré la tenue de l’événement, mené dans le calme, donnant ainsi aux manifestants un sentiment de légalité. Les avocats réclament ainsi l’acquittement de leurs clients.

Le  Ministère public, qui salue au passage le tact de la Police neuchâteloise qui a privilégié le dialogue, ne partage pas cette vision. Il a déclaré que l'action n’était pas devenue légale pour autant.

C’est maintenant au juge de déterminer si la protection de l’environnement justifie de prendre des libertés avec les règles établies. Le jugement sera rendu le 11 juin. /sbe


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