Coupables d’homicide par négligence après un accident de travail mortel

Un patron et un chef de chantier comparaissaient depuis lundi devant le Tribunal régional Jura ...
Coupables d’homicide par négligence après un accident de travail mortel

Un patron et un chef de chantier comparaissaient depuis lundi devant le Tribunal régional Jura bernois-Seeland. Ils ont été reconnus coupables d’homicide par négligence dans le cadre de la chute mortelle d’un ouvrier en 2017 à Moutier

Le tribunal régional Jura bernois-Seeland a rendu son verdict dans le procès d'un accident de travail mortel. (Photo : archives). Le tribunal régional Jura bernois-Seeland a rendu son verdict dans le procès d'un accident de travail mortel. (Photo : archives).

Le verdict est tombé dans le procès concernant un accident de travail mortel à Moutier. Les deux prévenus ont été reconnus coupables vendredi d’homicide par négligence par le Tribunal régional Jura bernois-Seeland. Un ouvrier avait mortellement chuté d’un échafaudage lors de travaux sur un toit de l’entreprise Tornos en novembre 2017. Le patron de la victime a écopé d’une peine pécuniaire de 100 jours-amendes avec un sursis de deux ans. La juge a toutefois renoncé à infliger une peine au chef de chantier, estimant qu’il ne portait qu’une responsabilité secondaire dans ce drame et qu’il avait été très affecté par celui-ci.


De graves lacunes pointées du doigt

« Je ne comprends pas comment on a pu faire monter des gens sur un échafaudage pareil ». La juge Maryvonne Pic-Jeandupeux a estimé que de nombreuses règles de sécurité n’avaient pas été respectées. Elle a, par exemple, jugé impensable de ne pas avoir arrimé le dernier étage à la façade. Pour la magistrate, les deux prévenus ont fait preuve de négligence.

Selon elle, l’ouvrier était sur le toit lorsqu’il s’est précipité sur l’échafaudage pour recevoir du matériel. Sachant que le chef de chantier a entendu un gros bruit, Maryvonne Pic-Jeandupeux estime que la victime a trébuché, tenté de se rattraper à une barrière avant que celle-ci ne s’ouvre. L’homme s’est alors retrouvé suspendu d’une seule main dans le vide. La plateforme du dernier étage s’est désolidarisée, ce qui a entrainé la chute. Si toutes les mesures nécessaires avaient été prises, son poids n’aurait pas suffi à provoquer le décrochement de haut de l’échaudage, selon la juge.


Pas d’ouverture volontaire

Maryvonne Pic-Jeandupeux a, par ailleurs, réfuté la thèse de la défense selon laquelle la victime aurait elle-même ouvert la barrière pour une raison indéterminée. La juge a notamment estimé qu’il n’y aurait pas eu de gros bruit si ça avait été le cas.

La magistrate a donc finalement jugé que toutes ces négligences étaient à l’origine du décès de la victime et que les prévenus devaient être reconnus coupables.

Les deux hommes devront s’acquitter des frais de procédure, de dommages et intérêts et de contributions pour tort moral à chacun des enfants de la victime pour un montant total de près de 90'000 francs. La défense devrait faire appel de ce jugement. /alr


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus