Élève bâillonné : enseignante jugée

Une enseignante de 42 ans a comparu devant la justice neuchâteloise mardi matin pour avoir ...
Élève bâillonné : enseignante jugée

Une enseignante de 42 ans a comparu devant la justice neuchâteloise mardi matin pour avoir mis un foulard sur la bouche d’un enfant. Elle conteste d’autres accusations

L'enseignante a comparu mardi devant le Tribunal de police à Boudry. (Photo d'archives) L'enseignante a comparu mardi devant le Tribunal de police à Boudry. (Photo d'archives)

Une enseignante neuchâteloise s’est retrouvée sur le banc des accusés mardi matin. Cette femme, âgée de 42 ans, comparaissait devant le Tribunal de police à Boudry. Elle est notamment accusée de violation du devoir d’assistance. L’acte d’accusation fait état d’enfants de 4 à 6 ans bâillonnés, d’une fillette attachée à un banc à l’aide d’une corde, d’une autre pincée au bras et d'élèves isolés sans surveillance. L’enseignante rejette la plupart des accusations. Elle reconnaît uniquement avoir mis un foulard sur la bouche d’un garçon, à une occasion, parce qu’il était turbulent.

La plainte émane de la mère de la fillette qui dit avoir été attachée à un banc, bâillonnée et isolée. Lors de l’audience, elle a décrit son enfant comme étant anxieuse d’aller à l’école à l’époque des faits, qui se seraient produits entre 2015 et 2017. L’enfant est actuellement suivie par un pédopsychiatre. Les accusations n’ont toutefois surgi que plus tard de la bouche de la fillette, il y a deux ans environ, et la plainte a été déposée en septembre 2020.


Trop d’incertitudes dans le dossier pour la défense

Pour l’avocate de la prévenue, le geste de sa cliente est grave. « On ne peut pas tolérer des actes violents sur des enfants. Les enseignants n’ont pas droit à l’erreur ». À ses yeux toutefois, les autres accusations sont pleines d’incertitudes, émanant de jeunes enfants, 4 ans après les faits. Aucun autre élève n’aurait fait mention d’un enfant attaché à un banc, a-t-elle ajouté. Elle demande dès lors l’acquittement de sa cliente. « Il est difficile de différencier ce qui s’est produit de ce qui a été capté indirectement », notamment dans les discussions entre parents, a-t-elle plaidé. À l’époque, l’enseignante avait été déplacée dans un autre collège à la suite de l’affaire du foulard. Elle a été suspendue de ses fonctions à la fin du printemps, en lien avec cet épisode. « Être suspendue un matin à 10h devant toute ma classe, c’est dur. Je ne me vois pas retravailler avec des enfants », a déclaré la prévenue, qui se dit très affectée par la procédure.

Le Ministère public, absent aux débats, requiert quant à lui une peine de 50 jours-amende avec sursis, ainsi qu’une interdiction d’enseigner à des mineurs durant 5 ans.

La plaignante, qui était venue à l’audience sans avocat, s’est ralliée aux requêtes du procureur, ajoutant : « j’aimerais qu’une personne comme elle arrête d’enseigner à des élèves qui n’ont aucune défense ». Le jugement sera rendu mardi prochain. /sbe


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