Malleray : on s'agite autour du projet de carrière

Les citoyens de Valbirse se prononceront le 28 novembre sur l'aménagement d'une nouvelle carrière ...
Malleray : on s'agite autour du projet de carrière

Les citoyens de Valbirse se prononceront le 28 novembre sur l'aménagement d'une nouvelle carrière au lieu-dit Pierre de la Paix. Partisans et opposants affûtent leurs arguments

Les opposants à la carrière se font voir avec force banderoles et pancartes le long de la route de Moron. Les opposants à la carrière se font voir avec force banderoles et pancartes le long de la route de Moron.

C’est une votation à fort caractère émotionnel qui attend les citoyens de Valbirse le 28 novembre. Ces derniers se prononceront sur l’aménagement d’une nouvelle carrière au lieu-dit Pierre de la Paix, projet validé par le Conseil général et les instances cantonales, mais combattu par un référendum. Le site est propriété de la bourgeoisie de Malleray. Il doit être exploité par l’entreprise Faigaux, active depuis près de 90 ans dans cette zone. Jonathan Faigaux, porte-parole de cette société de construction familiale, ne nie pas certaines nuisances, notamment le passage de camions dans une zone résidentielle via la route de Moron. Mais rien de neuf selon lui. Il répète que des mesures ont déjà été prises pour accroître la sécurité des citoyens et des enfants, et qu'une convention à signer entre l'entreprise, la bourgeoisie et la commune limitera à 40 par jour - au maximum - les passages de poids lourds. Soit un camion toutes les 13 à 14 minutes en période d'ouverture. « C’est bien en deçà de ce que prétendent les opposants », insiste-t-il.

Jonathan Faigaux : « Autant de camions qui passent en une année que de voitures en un jour »

L’exploitation de la carrière est importante à bien des égards selon le président de la bourgeoisie de Malleray. En tant que propriétaire, celle-ci a évidemment intérêt à ce que le projet aboutisse. « Dans la région, surtout dans le milieu de la vallée de Tavannes, il n’y a pas de carrière de ce genre, et surtout pas de lieu de décharge », souligne-t-il. Laurent Blanchard peine à comprendre cette vague d'oppositions, d'autant que le plan de quartier a été accepté très largement par le Conseil général et qu'il a passé tous les écueils administratifs. Le président voit aussi dans cette carrière de substantielles économies possibles pour la commune de Valbirse lors de la réalisation de travaux et projets de construction :

Laurent Blanchard : « D’autres options ont été étudiées »

Laurent Blanchard tient aussi à mettre en évidence le rôle de la bourgeoisie, « qui met à disposition des terrains, investit pour des lieux de loisirs et soutient de nombreux projets » dans la commune, notamment grâce aux revenus générés par la carrière. « Sans elle, nous devrons probablement serrer la ceinture », déplore-t-il.


Une opposition tenace

Tous ces arguments sont rejetés en masse par le comité référendaire. Réuni jeudi après-midi devant la presse, ce dernier a longuement détaillé ses arguments, lesquels concernent des domaines très différents : nuisances, sécurité, finances ou encore écologie. Une pétition munie de 600 signatures avait été déposée à la commune lors de la présentation du plan de quartier. Plusieurs oppositions formelles avaient suivi. En vain, déplorent les référendaires, qui regrette ce manque d'écoute des autorités. La pilule est particulièrement difficile à avaler pour les riverains du projet, à savoir les habitants de la route de Moron. Nombreux sont celles et ceux qui estiment que les nuisances sonores et l'insécurité sont démesurées, à la limite du vivable. La conseillère communale Joëlle Braun-Monnerat, enfant de Malleray, lève elle aussi le bouclier même si elle a grandi avec la carrière :

Joëlle Braun-Monnerat : « La route de Moron était moins fréquentée et habitée à l’époque »

Financièrement, le projet n'apporte rien à la commune selon les opposants. Les retombées sont moindres - ils articulent un chiffre situé entre 5'000 et 8'000 francs par an qui correspond à 25 centimes du mètre cube exploité. L'entretien de la route de Moron, creusée par les camions, a aussi été mis dans le panier des inconvénients. La convention promise par les différents partenaires et qui limiterait le passage des poids lourds n'est pas de nature à rassurer Sacha Jabas, riverain. « Je ne peux pas faire confiance en ce document. D’autant qu’il sera finalisé après la votation et qu’il sera possible d’ajouter des amendements. »

Sacha Jabas : « Du lobbying a été fait au Conseil général»

Jeudi soir, le comité référendaire a également regretté qu'aucune autre piste - par exemple l'extension de certaines carrières existantes - n'ait été retenue. Il rejette aussi la clause de nécessité du projet. En bref, les deux camps sont extrêmement marqués, et le travail de conviction s'annonce intense jusqu'à l'échéance du 28 novembre. Joëlle Braun-Monnerat en est consciente, mais l'élue tient à calmer les esprits : « Ce n’est en aucun cas une déclaration de guerre à l’entreprise Faigaux et à la bourgeoisie de Malleray pour lesquelles j’ai énormément de respect. Il est toutefois indispensable, pour un projet d’une telle envergure, que les citoyens aient le dernier mot. » /oza


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