Un premier ouvrage déjà très intime

La Société jurassienne d’émulation publie « Le reflet d’un espoir » de Romain Denoël, 21 ans ...
Un premier ouvrage déjà très intime

La Société jurassienne d’émulation publie « Le reflet d’un espoir » de Romain Denoël, 21 ans, qui puise son inspiration dans la longue maladie qui touche sa maman

Romain Denoël entouré de Marina De Toro (à gauche) et l'illustratrice Marie Monnerat. Romain Denoël entouré de Marina De Toro (à gauche) et l'illustratrice Marie Monnerat.

Un nouveau jeune talent littéraire est mis en lumière par la Société jurassienne d’émulation. Elle publie « Le reflet d’un espoir » dans sa collection Aencrages, premier roman de Romain Denoël. Depuis son enfance, ce jeune Jurassien de 21 ans côtoie la maladie. Celle de sa maman, atteinte d’une sclérose en plaques. « J’ai passé ma vie dans les hôpitaux », souffle le jeune auteur qui a voulu mettre des mots et donner un sens à cette épreuve quotidienne. « J’essaie de décrire la relation qu’a un enfant avec sa maman malade. Cette progression est une forme d’acceptation de cette maladie. On passe par toute les émotions que peut ressentir un enfant. Il y a bien une romance derrière. Ce personnage, Abel, ce n’est pas moi à 100%, mais je pense que l’on peut m’y retrouver par moment », confie Romain Denoël.

Un sujet déjà poignant et intime

A la manière d’un « Petit Prince » de St-Exupéry, son personnage s’adapte et tire les leçons de ses différentes rencontres. Un univers que l’illustratrice jurassienne Marie Monnerat a mis en image avec 11 illustrations. « Normalement je mets en image ma propre imagination. Là j’ai dû entrer dans la tête de quelqu’un d’autre pour vraiment réussir à le mettre en image. Je pense que son histoire a aussi résonné en moi, ce qui m’a sans doute aidé à sentir cette sensibilité qui ressortait du texte », explique Marie Monnerat. Cette sensibilité, Romain Denoël veut qu’elle soit entendue, comme un message sortie d’une fiction mais façonné par un vécu bien réel. Quand il a commencé à écrire cet essai à 18 ans au Lycée dans le cadre d’un travail de maturité, il n’imaginait pas un tel destin. « Au début, je n’étais même pas sûr de réussir à le finir (rires) ! Puis quand il était terminé, que j’ai vu la note que j’ai reçue et qu’il a été distingué par le Prix de l’Amicale du Lycée cantonal en 2019, je me suis dit alors que ça pouvait aller plus loin », se souvient le jeune auteur qui, dès ses débuts, lève le voile sur des ressentis intimes.

Marina De Toro : « Assez inédit dans une carrière littéraire »

« C’est assez inédit même dans une carrière littéraire, on voit rarement des auteurs ou autrices se dévoiler tout de suite. A 18 ans quand il a commencé à écrire son texte, il a très vite été à l’aise pour parler de sujets sensibles dans l’espace public. Mais son texte sait aussi garder une certaine distance avec le vécu de l’auteur », souligne Marina De Toro de la Société jurassienne d’émulation. Comme un évident retour aux sources, le vernissage aura lieu ce vendredi au Lycée cantonal à Porrentruy. Romain Denoël retournera ensuite à ses études de médecine. Une autre manière de soigner les maux pour celui qui espère avoir encore le temps de cultiver les mots. /jpi


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