Le ton est monté entre la Ville de Bienne et le canton de Berne à propos du centre pour requérants d'asile déboutés de Bienne-Boujean. Le canton a annoncé lundi qu'il ne pourra plus l'utiliser en raison d'une décision de la ville. Réplique du Conseil municipal qui estime que le canton empêche de mener un dialogue constructif.
Dans la matinée, le canton diffusait un communiqué annonçant qu'il ne pourrait plus utiliser dès l'été prochain le centre de retour de Bienne-Boujean qui abrite des requérants d'asile ayant fait l'objet d'une décision de renvoi. Il expliquait que la Ville avait refusé en novembre une demande de prolongation de son exploitation.
Le canton expliquait avoir essuyé un refus même s'il s'était engagé à améliorer les infrastructures. Les requérants sont logés depuis 18 mois dans des baraques de chantier. Berne devra donc trouver un autre emplacement qui permette une scolarisation aussi régulière que possible des enfants et le regroupement des familles.
Ce site actuellement utilisé comme centre de retour bénéficie d'un emplacement central qui permet aux enfants d'intégrer les classes ordinaires à leur arrivée. Les enfants francophones et germanophones seront donc déscolarisés des établissements biennois à partir de l'été prochain, a expliqué le canton.
Stupeur des autorités biennoises
Cette façon de faire a déplu aux autorités biennoises qui disent avoir pris connaissance avec stupeur du communiqué. Elles déplorent que cette communication soit intervenue quelques heures avant une séance qui devait réunir le directeur de la sécurité du canton de Berne Philippe Müller et le chef biennois de l’action sociale et de la sécurité Beat Feurer ainsi que le maire Erich Fehr.
A la suite de la publication de ce communiqué, les représentants de la Ville ont annulé leur participation à cette séance. Ils estiment « absolument inacceptable » que la Direction de la sécurité du canton de Berne communique unilatéralement sur un sujet aussi sensible quelques heures à peine avant la rencontre prévue.
Beat Feurer: « Cette manière de faire montre que le canton ne veut pas entrer en dialogue avec nous »
Autre son de cloche du côté du canton : selon lui, cette rencontre n’avait rien à voir avec la décision de la Ville de Bienne de fermer le centre de renvoi à Boujean. Pour le conseiller d’Etat et directeur de la sécurité du canton de Berne Philippe Müller il était seulement question de l'avenir des requérants qui y sont hébergés.
Philippe Müller: « Je ne comprends pas la réaction de la Ville de Bienne »
Pour le Conseil municipal, le centre de retour de Bienne-Boujean ne pouvait plus être exploité à long terme pour des raisons liées au droit des constructions et de l'aménagement. Les conteneurs sont dans une zone de travail et non dans une zone d'habitation. La Ville estime qu'utiliser ces baraquements à des fins d'hébergement à cet endroit n'est pas acceptable à long terme. /ATS-gtr-ddc









