La Suisse pourrait faire face à une pénurie d'opioïdes

Ces substances pour la voie orale ne sont pas disponibles en quantité suffisante, selon l’Office ...
La Suisse pourrait faire face à une pénurie d'opioïdes

Ces substances pour la voie orale ne sont pas disponibles en quantité suffisante, selon l’Office fédéral de l’économie. Un médecin addictologue de l’HJB livre son analyse

Il est, à l’heure actuelle, impossible de prévoir quand les entreprises
concernées seront à nouveau en mesure d’approvisionner avec fiabilité la Suisse
en opioïdes oraux à libération prolongée. (Photo: illustration) Il est, à l’heure actuelle, impossible de prévoir quand les entreprises concernées seront à nouveau en mesure d’approvisionner avec fiabilité la Suisse en opioïdes oraux à libération prolongée. (Photo: illustration)

La Suisse pourrait manquer à l’avenir d’opioïdes. Ces substances pour la voie orale ne sont pas disponibles en quantité suffisante. En particulier les préparations à base de morphine. C’est ce qu’a annoncé le département fédéral de l’économie dans un communiqué la semaine dernière.

L’opioïde est utilisé dans le domaine médical pour ses effets calmants et antidouleurs. Cette substance est aussi prescrite en tant qu’alternative à l’héroïne aux personnes qui en sont dépendantes. Cette situation de pénurie est notamment due à des problèmes de capacités dans la fabrication de ces médicaments complexes, qui agissent en libérant le principe actif sur une période prolongée (médicaments à action retardée).

L’approvisionnement en opioïdes oraux de la Suisse est affecté par des perturbations récurrentes et massives depuis plus d’un an déjà, explique Jérôme Cluzeau. Le médecin addictologue à l’Hôpital du Jura bernois (HJB) évoque d’ailleurs le manque de plusieurs médicaments, comme certains traitements contre le cancer, les antidépresseurs ou les analgésiques.

Notre entretien complet avec Jérôme Cluzeau

Les acteurs économiques ne peuvent que difficilement faire face à ces perturbations, compte tenu du nombre restreint de fournisseurs et de la forte inégalité de leur présence sur le marché suisse.


Alternatives thérapeutiques limitées

La situation n’a pas pu être résolue par le recours à d’autres opioïdes, les médicaments à base de principes actifs similaires comme l’hydromorphone ou l’oxycodone n’étant pas non plus disponibles en quantité suffisante. À cela s’ajoute que la prescription d’autres opioïdes n’est pas possible pour tous les groupes de patients.

Le problème se pose en particulier dans le cadre du traitement de la dépendance aux opiacés, où il n’existe le plus souvent pas de principe actif adéquat pour remplacer un produit indisponible.

Les réserves obligatoires permettent d’intervenir à titre subsidiaire dans la stabilisation du marché. Au cours des derniers mois, l’OFAE a autorisé un léger découvert dans les réserves obligatoires de certains principes actifs afin d’alimenter le marché. Les réserves ont ensuite été reconstituées à leur niveau initial, une fois les médicaments livrés.

Toutefois, la situation ne s’est pas améliorée entretemps. Il est à l’heure actuelle impossible de prévoir quand les entreprises concernées seront à nouveau en mesure d’approvisionner avec fiabilité la Suisse en opioïdes oraux à libération prolongée, raison pour laquelle il a été décidé de libérer les réserves obligatoires afin de pouvoir soutenir le marché avec des quantités plus importantes et davantage de flexibilité. Le volume légal des réserves obligatoires correspond à une couverture des besoins durant trois mois. /ats-ddc


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