Après les voitures neuves, la pénurie commence à pointer son nez sur le marché de l’occasion. La semaine passée, nous vous apprenions qu’en raison de la pandémie de Covid-19 et du conflit ukrainien, les délais de livraison pour obtenir une automobile neuve courraient jusqu’en 2024. Cette pénurie a une nouvelle conséquence directe chez les garagistes de la région : il y a de moins en moins de voitures d’occasion disponibles. La demande s’est en effet reportée sur la revente de véhicules au point que le marché s’est considérablement resserré.
Le directeur général du groupe AFH Automobiles, Laurent Sitbon
Chez AFH Automobiles à La Chaux-de-Fonds et Hauterive, le parc d’occasion avoisine habituellement les 150 véhicules. Ce mardi, il ne restait plus que 60 automobiles disponibles.
Différents facteurs expliquent la pénurie
Les délais d'attente pour obtenir des véhicules neufs sont l’une des raisons qui poussent les acheteurs à se reporter sur l’occasion. Patienter de longs mois n'est pas envisageable pour certains clients qui doivent s’équiper directement. Dans la majorité des cas, ce sont des particuliers qui recherchent un véhicule de remplacement après un accident ou parce que le leur est obsolète. Certains voient aussi leur contrat de leasing arriver à échéance et soit achètent un véhicule de revente ou prolongent le bail avec un nouveau contrat renégocié.
Dernière raison et non des moindres, les deux dernières années ont considérablement mis à mal le pouvoir d’achat des consommateurs qui se rabattent sur le marché de l’occasion pour soulager leur porte-monnaie.
Tous les modèles s’arrachent
Selon AFH Automobiles, les modèles récents avec les technologies électriques ou hybrides s’arrachent littéralement. Mais certains modèles ou marques qui jouissaient parfois d’un déficit d’image pour la revente sont tout autant recherchés.
Ce sont surtout les temps de rotation qui ont évolué. Traditionnellement, un véhicule reste environ 60 jours sur le parc avant d’être vendu. Ce nombre est désormais divisé par deux. Et suivant le type de véhicule, l’achat est presque immédiat. Le garage confie avoir mis en vente un SUV familial d’une marque japonaise mardi passé en début d’après-midi sur son site internet. En deux heures, le véhicule avait trouvé preneur.
« Avant, les clients cherchaient un modèle type, mais maintenant, il n'y a plus de catégories. Ils achètent tout »
Quid des prix ?
Alors que le parc automobile se restreint, les prix risquent donc de prendre l’ascenseur dans un futur proche. Pour l’instant, ce sont surtout les rabais accordés pour les véhicules dépassant les temps de rotation qui ne sont plus garantis. Selon Laurent Sitbon, directeur du groupe AFH Automobiles, la demande est telle que les consommateurs ne discutent plus les prix.
« Les gens ne discutent pas le prix, car ils savent qu'il y a une pénurie »
Laurent Sitbon ne s’inquiète toutefois pas de la situation pour le futur. Il estime que le marché va détendre alors que les commandes des clients seront peu à peu livrées. Les usines favorisent d’ailleurs les commandes personnalisées et non pas les stocks. Toutefois, en cas de scénario catastrophe qui verrait une pénurie totale au niveau du marché du neuf et de l’occasion, les garagistes s’attendent à devoir privilégier les réparations à la vente.
« Si on prend le scénario catastrophe et que tout est bloqué, il faudra fournir des services supplémentaires »
Une aubaine pour certains
Le seul acteur qui peut tirer son épingle du jeu dans cette situation est le particulier qui désire revendre son véhicule. Les offres de rachat par les garages sont très élevées compte tenu du marché actuel. /jha









