Orvin au chevet du crapaud accoucheur

Sur l'initiative de privés et avec le soutien de Pro Natura, une mare destinée au crapaud accoucheur ...
Orvin au chevet du crapaud accoucheur

Sur l'initiative de privés et avec le soutien de Pro Natura, une mare destinée au crapaud accoucheur a été inaugurée dans le village. L'espèce est menacée en Suisse

Un petit paradis de nature pour permettre au crapaud accoucheur de se reproduire en toute quiétude. Un petit paradis de nature pour permettre au crapaud accoucheur de se reproduire en toute quiétude.

On se serre les coudes à Orvin pour améliorer la biodiversité. Une propriétaire de terrain et un riverain ont contacté Pro Natura en 2019. Leur idée : valoriser une zone humide sur un terrain privé. L’expertise a permis d’identifier les besoins, et c’est finalement une mare destinée au crapaud accoucheur qui a été créée. Ce petit batracien aux yeux dorés tient sur une pièce de 5 francs à peine. Il est surtout en voie de disparition, a expliqué lundi Elisabeth Contesse, responsable Jura bernois à Pro Natura, lors de l'inauguration de la mare. 

La mare d’environ 70 mètres carrés est donc prête à accueillir cette espèce  très discrète de batraciens, que l'on ne remarque souvent qu'à son chant, sorte de tintement lointain de carillon. Sa particularité : c'est le mâle qui s'occupe des oeufs en les portant à l'arrière de son dos durant 3 à 6 semaines. Au moment de l'éclosion, il les amène dans l'eau où les larves commencent alors à se développer. « Le crapaud accoucheur privilégie la qualité des œufs à la quantité », indique Bastien Amez-Droz, chef de projet à Pro Natura.

Le crapaud accoucheur mâle porte les oeufs et les protège. (Photo : Pro Natura) Le crapaud accoucheur mâle porte les oeufs et les protège. (Photo : Pro Natura)

En raison de l'artificialisation du territoire, les milieux naturels propices sont devenus extrêmement rares. Faute d'habitats favorables, la moitié des populations de crapaud accoucheur a disparu au cours des 25 dernières années, note Pro Natura Jura bernois dans un communiqué. « Il est donc primordial de sauvegarder et de favoriser les populations existantes, de sauvegarder les plans d'eau qu'ils fréquentent et d’en créer de nouveaux. »


Autres projets en vue

Des populations de crapauds ou alytes sont aussi sont connues dans le Grand Val, mais une mise en réseau et une amélioration de certains habitats existants sont nécessaires. Pro Natura Jura bernois a déjà réalisé quelques interventions ponctuelles visant à revitaliser des plans d’eau et leurs alentours et s’apprête à développer un projet de plus grande envergure pour répondre au besoin de mise en réseau d’habitats. Tout comme pour le projet mené avec succès à Orvin, la collaboration de nombreux acteurs sera nécessaire. L'association invite toute personne intéressée à soutenir ce projet, que ce soit par un geste financier ou pour un soutien technique, à la contacter à pronatura-jb@pronatura.ch.

A noter que le projet d'Orvin a bénéficié du soutien du Service de Promotion de la Nature du canton de Berne (SPN), du Fonds écologique du Taubenloch, de la propriétaire de terrain et de Pro Natura. /oza


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