Charlotte Graber, une Locloise qui prend soin des archives du Montreux Jazz Festival

Musicienne et musicologue, la jeune trentenaire est responsable de la mise en valeur du contenu ...
Charlotte Graber, une Locloise qui prend soin des archives du Montreux Jazz Festival

Musicienne et musicologue, la jeune trentenaire est responsable de la mise en valeur du contenu musical des archives numérisées du festival vaudois

Charlotte Graber est en charge de valoriser le contenu musical des archives du Montreux Jazz Festival. (photo : Charlotte Graber) Charlotte Graber est en charge de valoriser le contenu musical des archives du Montreux Jazz Festival. (photo : Charlotte Graber)

Charlotte Graber est musicologue, c’est-à-dire qu’elle étudie l’histoire et l’esthétique de la musique. La Locloise d’origine, mais Chaux-de-Fonnière d’adoption, travaille depuis six ans au Centre d’innovation dans les patrimoines culturels de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Et plus concrètement, elle est affiliée au Montreux Jazz Digital Project, une collaboration avec la Fondation Claude Nobs, qui a pour but de numériser et de préserver les archives du célèbre festival. Charlotte Graber s’occupe des contenus musicaux et de leur mise en valeur. « Quand j’ai su que l’EPFL avait numérisé les archives du Montreux Jazz Festival, j’ai postulé spontanément. C’est le côté documentation et mémoire du patrimoine qui m’intéresse », explique-t-elle.

La musicologue a deux casquettes. Elle s’occupe tout d’abord de tout ce qui a trait aux données : les noms des musiciens, des studios, des instruments ou encore les genres musicaux. Elle doit également nettoyer cette masse d’information, puis de l’indexer. Des découpes de concert qui permettent ensuite de faire des recherches précises dans la base de données.

L’autre partie de son travail est liée aux contenus musicaux et à leur diffusion. Elle est en charge par exemple de réaliser des sélections de titres (ou playlists en anglais) pour divers mandants, et de leur offrir des clés de lecture. « Les demandes peuvent être très variées. Elles concernent surtout des projets théoriques, mais aussi artistiques. Mon rôle est d’aiguiller les chercheurs, étudiants et artistes », précise-t-elle.

Avec des milliers d’heures enregistrées, les pépites sont nombreuses dans la base de données. « Il y a des perles à chaque concert. J’adore trouver les petites erreurs comme les faux départs, donc des morceaux qui ne commencent pas avec le bon tempo ou la bonne tonalité. Elles illustrent le côté très humain des performances en direct », s’amuse la Locloise.

L’arrêt des événements culturels pendant la pandémie de coronavirus aura permis au Montreux Jazz Digital Project de s’occuper des concerts en attente de traitement. La priorité est toujours donnée aux performances de l’année en cours, afin de les indexer et les rendre disponibles pour l’édition suivante.

Cet arrêt forcé aura également permis de mesurer toute l’importance des archives « en temps de disette ».

Les chiffres en lien avec le projet donnent le tournis : plus de 5'000 concerts, 40'000 morceaux, 20'000 musiciens ayant foulé la scène de Montreux… Des chiffres gigantesques en termes de données et de richesse. « Quincy Jones disait que ces archives couvrent un demi-siècle de l’histoire de la musique. C’est donc un patrimoine important », rappelle Charlotte Graber.

Le Centre d’innovation dans les patrimoines culturels ne travaille pas exclusivement avec le Montreux Jazz Festival. Il accueille également d’autres projets, tels que la numérisation des archives de l’ancien astronaute suisse Claude Nicollier ou des archives du Festival de Verbier. /dsa


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