Des femmes d'exception : Clarisse Francillon (3/5)

RJB consacre une série d'été au destin de cinq pionnières du Jura bernois. Ce lundi, cap sur ...
Des femmes d'exception : Clarisse Francillon (3/5)

RJB consacre une série d'été au destin de cinq pionnières du Jura bernois. Ce lundi, cap sur St-Imier avec Clarisse Francillon, romancière du 20e siècle dans le courant de l’émancipation féminine

Cet été, RJB vous fait découvrir la vie de cinq femmes sélectionnées dans le cadre de l'exposition ExceptionnELLES. Cet été, RJB vous fait découvrir la vie de cinq femmes sélectionnées dans le cadre de l'exposition ExceptionnELLES.

De l’amour lesbien dans les récits, on en trouvait déjà au milieu du 20e siècle. C’est le cas par exemple dans le roman La Lettre, écrit par Clarisse Francillon en 1958. Originaire de St-Imier, la romancière est connue pour son intérêt pour la liberté et l’émancipation des femmes. Une émancipation qui ne lui a pas toujours été accordée. Très discrète sur sa vie privée, Clarisse Francillon se livre dans ses écrits au travers de ses héroïnes.

Catherine Dubuis s’est penchée sur ce personnage très mystérieux. Cette historienne de littérature vaudoise lui a consacré une biographie intitulée Une Femme entre les Lignes. « J’ai intitulé mon livre ainsi car c’était une personne qui se cachait dans ses récits », relate Catherine Dubuis. « Il fallait lire entre les lignes pour en apprendre davantage sur son vécu ».

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Lors de la rédaction de la biographie de Clarisse Francillon, Catherine Dubuis explique avoir eu beaucoup d’empathie pour le personnage. Mais elle a eu besoin également de lucidité pour éviter un recueil d’éloges à l’égard de la romancière et pour être au plus proche de la réalité. Lors de la rédaction de la biographie de Clarisse Francillon, Catherine Dubuis explique avoir eu beaucoup d’empathie pour le personnage. Mais elle a eu besoin également de lucidité pour éviter un recueil d’éloges à l’égard de la romancière et pour être au plus proche de la réalité.

L’enfance de Clarisse Francillon est marquée par une absence : celle de son père, décédé l’année de sa naissance d’une chute de cheval. Née à St-Imier en 1899, elle quitte rapidement la Suisse avec sa mère, son nouvel époux et sa sœur pour s’installer en France, au bord de la Méditerranée, où elle entamera des études. Puis elle décidera de faire carrière à Paris. Elle écrira notamment pour la maison Gallimard.


Féministe ? oui et non

Clarisse Francillon est considérée comme une auteure moderne. Dans ses récits, elle revendique pour la femme une possibilité de liberté et d’émancipation. De ce point de vue, elle peut être qualifiée de féministe. Mais Catherine Dubuis nuance : « Le femmes de ses écrits ne parviennent jamais à cette liberté ».

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L’héritage laissée par la romancière imérienne être très maigre étant donné que peu de ses écrits ont été réédités. Mais on lui doit la toute première traduction en français du roman Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry.

Clarisse Francillon possède aujourd’hui une statue à son effigie dans sa ville natale. Tout comme quatre autres femmes de la région. Elles ont été sélectionnées pour le bien d’une exposition qui marque les 50 ans du droit de vote des femmes en Suisse. Leurs figurines sont exposées dans leurs villages d'origine.

La silhouette de Clarisse Francillon trône désormais devant la Collégiale à St-Imier. La silhouette de Clarisse Francillon trône désormais devant la Collégiale à St-Imier.

Lundi prochain, notre série sur les femmes exceptionnelles du Jura bernois s’arrêtera à Villeret, village où est née Betty Fiechter, première femme à la tête d’une entreprise horlogère dans la région. /ddc

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